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[Les grands noms de l’ICP n°4] L’abbé Rousselot (1846-1924) : la science de l’invisible parole

L’abbé Rousselot, père de la phonétique expérimentale, a marqué l’ICP en y enseignant cette nouvelle discipline à partir de 1890. Son œuvre, entre linguistique et acoustique, pose les bases d’une science toujours actuelle.

Abbé Rousselot L'abbé Rousselot - ICP

Né en 1846 en Charente, dans une famille de cloutiers patoisants, l’abbé Rousselot est ordonné prêtre en 1870. Dans l’été 1879, il commence des recherches de terrain sur les limites des langues d’oc et d’oïl.

Arrivé à Paris, il suit les cours d’Edouard Branly et de Henri Becquerel, puis ceux de Gaston Paris, Paul Meyer, Arsène Darmesteter, Michel Bréal, Henri d’Arbois de Jubainville, Jules Gilliéron, Abel Bergaigne, Léon Gautier. Il devient physiologiste sous la direction de Jules Déjerine. Sur les conseils de Gaston Paris, il applique aux sons du langage, avec l’aide du Dr Rosapelly, la méthode graphique d’Etienne Jules Marey. Il se lie d’amitié avec Rudolf Koenig qui l’initie à l’acoustique.

L’abbé Rousselot entre en 1885 à l’Institut Catholique de Paris en tant qu’étudiant. En 1886, il y crée son premier appareil inscripteur. En 1887, il est chargé d’un cours d’histoire de la langue française. En 1889 est annoncé pour la première fois un cours de « phonétique expérimentale » avec le soutien enthousiaste de Mgr d’Hulst. En 1892, il soutient une thèse singulière et retentissante à la Faculté des Lettres de Paris : « Les modifications phonétiques du langage étudiées dans le patois d’une famille de Cellefrouin (Charente) ». Y sont posées les bases d’une science nouvelle : la phonétique expérimentale à la jonction des lettres, des sciences et de la médecine. Il l’enseignera à l’Institut de 1890 à 1924. En 1897, un laboratoire est créé au Collège de France, rattaché à la chaire de Michel Bréal, Rousselot en est nommé préparateur. Mais il n’obtiendra la chaire promise qu’en 1922.

Outre ses recherches et son enseignement théorique au rayonnement international, Rousselot va explorer deux champs d’application :
  • l’enseignement du français aux étrangers à l’Alliance française, avec le soutien de Ferdinand Brunot
  • et la rééducation auditive de sourds à l’aide d’une collection de diapasons réalisés par Koenig

Les deux volumes des Principes de Phonétique Expérimentale, premiers ouvrages de référence, sont publiés en 1897 et 1901.
Il va fonder trois revues, la Revue des patois gallo-romains avec Jules Gilliéron (1887-1993), La Parole, revue internationale de rhinologie, otologie, laryngologie et phonétique expérimentale avec le Dr Marcel Natier (1899-1904), la Revue de phonétique (1911-1914) avec Hubert Pernot, son élève des premières heures.
Publié le 29 mai 2026 Mis à jour le 29 mai 2026

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