Jean Starcky entre au séminaire de l’Oratoire en 1928 puis à l’Institut Catholique de Paris ; il complète sa formation à l’École pratique des hautes études, avec Daniel Pézeril et Maurice Morel, il quitte l’Oratoire en 1935. Ordonné prêtre la même année, il part pour l’Institut pontifical de Rome, où il se spécialise dans l’araméen, puis pour l’École biblique et archéologique française de Jérusalem (1936/37). Il s’installe peu après à Beyrouth où il enseigne à l’université Saint-Joseph (1938-1941). Curé de Palmyre, il se lie avec deux archéologues alsaciens : Henri Seyrig et Daniel Schlumberger.
La Seconde Guerre mondiale
Il
s’engage en août 1941 dans les Forces françaises libres et devient
aumônier militaire de la garnison de Beyrouth puis est rattaché à la 1ère division française libre. En 1942, il prend part à la bataille d’El Alamein. Il débarque en Italie en avril 1944 et participe à la bataille du Garigliano. Le 30 juin, le général de Gaulle lui remet la médaille de l’ordre de la Libération. Il débarque en août 1944 en Provence, gagne l’Alsace ; en décembre sa division défend Strasbourg, puis libère Colmar en janvier 1945. En mars de la même année, elle est envoyée dans le sud des Alpes, dans le massif de l’Authion où il est blessé. Le général Garbay, qui commanda la 1ère division française libre, évoque un aumônier :
« légendaire par sa bravoure, son dévouement infatigable et sa bonté ». Il est aussi
décoré de la Légion d’honneur, de la Croix de guerre et de la Silver Star (USA).
L’épigraphiste
Après 1945, il enseigne au Grand Séminaire de Meaux puis à l’ICP. Il repart au Proche-Orient où il est pensionnaire de l’Institut français d’archéologie de Beyrouth, fondé en 1946 par Henri Seyrig. Il entre au CNRS en 1949 et, en 1952,
rejoint l’équipe internationale chargée de déchiffrer les manuscrits de la mer Morte ou manuscrits de Qumrân, dirigée par le père Roland de Vaux. On lui confie les papyrus nabatéens, provenant de la grotte 4 de Qumrân. La photographe Sabine Weiss réalise alors un reportage à Qumrân dont certains clichés, qui s’attachent à Jean Starcky, ont une large audience. Il travaille aussi sur les sites de Pétra et de Palmyre.
Épigraphiste, exégète, il est directeur adjoint de l’Institut français d’archéologie de Beyrouth, de 1968 à 1971. Il lance alors les fouilles de Tell Arqa, au Liban, et soutient les opérations de relevés photogrammétriques de Pétra pour l’Institut géographique national.
La Bible et un musée
Il
participe à l’édition de différentes bibles, notamment celle de Jérusalem (1961) et la
Bible œcuménique ou TOB (1975). Pendant ses séjours au Proche-Orient, il achète objets archéologiques et monnaies.
En 1962, avec le chanoine René Lecomte, il fonde avec leurs collections le
musée Bible et Terre sainte. Il l’installe en 1966 dans une chapelle de l’église Saint-Jacques du Haut-Pas, puis, en 1969, à l’ICP. Ces collections,
plus de 4 700 pièces, illustrent les contextes archéologiques dans lesquels s’inscrivent l’écriture de la Bible et la vie du Christ. Elles étaient présentes d’une façon chronologique et thématique, en allant du chalcolithique aux époques romaine et byzantine.
En 2015, les travaux qui se déroulent à l’Institut Catholique de Paris, conduisent à la mise en caisses du musée. Tout récemment, nous avons pu lancer la mise en œuvre d’un inventaire et d’un projet scientifique et culturel qui devraient servir de base à un nouveau musée.