Pouvez-vous présenter votre parcours ?
Je suis née en Lituanie. Après l'indépendance en 1990, j’ai eu la chance d’étudier les sciences politiques à Strasbourg, en France, et à Bruxelles, en Belgique. Ensuite, je suis rentrée dans mon pays pour servir en tant que
diplomate à Vilnius, la capitale lituanienne, puis à l’OTAN. En 2011, je me suis installée en France avec ma famille et j’ai réintégré le monde académique en soutenant une thèse à Sciences Po Paris, puis en enseignant dans plusieurs universités françaises. Mon intégration à l’Institut Catholique de Paris est une étape importante : je souhaite mettre à profit des étudiants mes connaissances riches et variées du monde professionnel et de la recherche.
Sur quoi portent vos recherches ?
La diplomatie est au centre de mes intérêts académiques. C'est une profession très importante dont l'action structure les relations internationales. Les diplomates, souvent dans l'ombre, sont ceux qui font avancer la politique internationale : ils négocient les traités, nouent des relations utiles pour leurs pays, ouvrent les portes de la coopération économique, culturelle ou scientifique entre les populations. Un aspect particulier qui m’intéresse dans l’action diplomatique est la négociation et la résolution des conflits, ainsi que le rapport entre la diplomatie, la sécurité et la défense. Mon dernier article, par exemple, tente de comprendre le difficile processus de paix en Ukraine depuis 2022.
Parlez-nous du master Géopolitique, paix et sécurité qui ouvre sur le campus rémois en septembre 2026 ?
Le
master Géopolitique, paix et sécurité a pour objectif de faire découvrir aux étudiants la
complexité de la politique internationale ainsi que ses enjeux stratégiques et sécuritaires. Dans un monde secoué par les crises et confronté à une recomposition majeure de l’architecture de sécurité européenne, il est essentiel de
former les jeunes à décrypter ces dynamiques et à assumer les responsabilités de demain. Le parcours Sécurité-Défense propose aux étudiants d'approfondir leurs connaissances sur les
questions militaires et d'ouvrir les possibilités de
carrière dans le secteur de la défense. Toutefois, cet enseignement reste suffisamment général pour permettre une variété de débouchés, tant dans les institutions nationales que dans les organisations internationales ou le secteur non gouvernemental et privé.
Pour Pierre Chaffard-Luçon, Directeur du campus rémois, l'implantation de ce master à Reims et de son parcours Sécurité-Défense trouve tout son sens au regard des spécificités du territoire :
Reims et sa région portent encore les traces des conflits qui ont profondément marqué leur histoire. Face aux incertitudes internationales, il faut un travail de mémoire pour tirer les leçons du passé et relever les défis à venir. Celui-ci est meilleur quand il conjugue une approche par les livres et par les paysages. Notre campus rémois bénéficie également d’une situation privilégiée, à proximité de nombreux centres de préparation, de décisions et de nombreux lieux d’actions : les camps militaires de la Marne, Paris, Bruxelles, Strasbourg, tout est facilement accessible. Il est possible d’organiser des visites, des rencontres avec des professionnels et des immersions sur le terrain afin de mieux comprendre les métiers qui concourent à la sécurité et à la défense.
Quels liens le master va-t-il tisser avec le territoire ?
Nous entendons profiter de la présence des importantes bases de l’Armée de terre dans la région pour offrir à nos étudiants des opportunités concrètes de découvrir les métiers militaires. Nous avons établi les premiers contacts avec plusieurs régiments et nous entendons
développer ces partenariats au profit des étudiants, tant pour des apprentissages spécifiques (notamment la formation pour s'engager dans la réserve opérationnelle) que pour la réflexion intégrée sur la transformation du secteur militaire au XXIe siècle.
Quels types de profils d’étudiants recherchez-vous ?
Nous invitons les étudiants passionnés par la politique internationale et ceux qui aiment commencer la journée en s’informant sur l’actualité.
Les diplômés en Histoire, Géographie, Science politique ou Droit se sentiront particulièrement à l'aise dans cette formation. Mais nous attendons aussi tous ceux qui sont curieux et soucieux de l'avenir de notre pays, de notre continent et du monde, et qui sont prêts à travailler, à s'investir et à apprendre. L’interdisciplinarité est au cœur de l’approche pédagogique de l’ICP. Pour la paix et la sécurité à l’international, le dialogue est important avec toutes les disciplines.
Quels conseils donneriez-vous à un étudiant souhaitant intégrer ce master ?
Commencez à lire le journal tous les jours (si ce n’est pas déjà le cas) et, durant l’été, lisez trois livres sur les affaires internationales. Cela peut être des livres d’histoire, des essais sur les enjeux internationaux ou même les mémoires d’un ancien espion. Nous vous dévoilerons encore plus de secrets de la géopolitique une fois que vous arriverez sur le campus.
Le master Géopolitique, paix et sécurité ouvre sur le campus rémois en septembre 2026. La formation s’articule autour d’un M1 commun aux trois campus, suivi d’une spécialisation en
M2, propre à chaque campus. A
Reims, les étudiants pourront suivre le
parcours Sécurité et Défense.
>> Postulez sur le site de l'ICP