Accessible depuis septembre 2024, ce double diplôme résulte de la coopération entre l’Institut Catholique de Paris et l’ESSEC. Son objectif est de former des leaders capables de penser de manière critique et stratégique, alliant des compétences philosophiques, éthiques et managériales.
Le double diplôme s’inscrit dans la continuité d’un programme d’échange initié depuis plusieurs années entre l’ICP et l’ESSEC, qui permet déjà aux étudiants d’accéder à certains cours en philosophie ou management proposés au sein des deux établissements.
Un double cursus organisé et complémentaire dans son fonctionnement
Romane est étudiante dans ce parcours composé des enseignements :
Elle est sensible à la coordination entre les deux institutions qui facilite la validation des enseignements et évite la complexité de deux parcours totalement indépendants.
Cette organisation constitue pour elle
un véritable gain en lisibilité et en continuité. Elle met également en avant
la complémentarité des rythmes entre les deux cursus :
J’ai pu organiser mon emploi du temps assez librement et anticiper certaines charges de travail
explique-t-elle, soulignant que la flexibilité de l’ESSEC lui a permis de mieux répartir ses efforts, tandis que la
Faculté de Philosophie lui offrait un cadre plus structuré et progressif.
Deux cadres disciplinaires complémentaires : analyser, problématiser et décider
Elle explique que cette articulation dépasse le cadre organisationnel pour structurer en profondeur son rapport aux disciplines.
La philosophie ouvre un espace d’analyse, d’approfondissement et de mise en problème, tandis que l’école de commerce s’inscrit davantage dans une
logique d’expérimentation, d’interaction et de prise de décision.
Cette complémentarité se manifeste de manière particulièrement nette dans son travail de mémoire, autour de la prise de décision dans les organisations, qui lui permet de croiser directement ces deux approches : d’un côté,
des outils conceptuels issus de la philosophie pour interroger des notions comme la finalité et l'efficacité ; de l’autre,
des grilles de lecture plus stratégiques en lien avec les et opérationnelles issues des enseignements de l’
ESSEC Business School.
Cependant, cette articulation ne s'impose pas naturellement. Romane souligne qu'aucun enseignement n'a été spécifiquement conçu pour relier les deux disciplines : ce travail de mise en perspective repose avant tout sur l'initiative de l'étudiant.
La
notion de responsabilité illustre particulièrement cette logique : à l’ESSEC, elle est abordée dans un
cadre juridique et opérationnel, notamment en droit des affaires, avec la responsabilité civile, pénale et celle des personnes morales ;
en philosophie, elle est au contraire traitée sous un angle
strictement conceptuel, sans recours au cadre juridique :
Chaque discipline reste dans son champ, sans empiéter sur l’autre
souligne-t-elle, ce qui permet selon elle d’éviter toute redondance et de préserver la spécificité de chaque approche.
Cela permet également de mieux comprendre la complexité d’un même objet d’étude, mais aussi de développer une capacité à passer d’un niveau d’analyse à un autre.
Cette articulation entre
conceptualisation et
opérationnalisation constitue, selon elle, l’un des apports les plus structurants de sa formation dans l'enseignement supérieur.
Une posture intellectuelle fondée sur la reformulation et la prise de recul
Romane met en avant que cette double formation développe avant tout une
disposition intellectuelle spécifique. Elle ne parle pas d’une transformation radicale de sa manière de penser, mais plutôt d’une capacité accrue à
questionner les présupposés, reformuler les problèmes et prendre du recul sur les situations étudiées.
Cette posture se traduit notamment par une attention particulière à la manière dont les problèmes sont posés, puis reconstruits. Elle explique que
cette compétence trouve un écho direct dans certains environnements professionnels, notamment dans le conseil, où la capacité à redéfinir les problématiques est essentielle.
Un levier d’adaptabilité et d’ouverture dans le parcours professionnel
Enfin, Romane considère que ce double diplôme constitue un véritable atout pour sa réflexion professionnelle.
L’école de commerce lui a permis de
développer sa capacité à s’adresser à des interlocuteurs variés et à s’adapter à différents contextes professionnels.
La Faculté de Philosophie, en parallèle, élargit encore cette compétence en
l’ouvrant à des profils, des modes de pensée et des références plus diversifiés.
Cette double exposition contribue également à sortir d’un entre-soi parfois présent dans les parcours très spécialisés :
J’y ai trouvé une liberté nouvelle
affirme-t-elle, en soulignant l’ouverture intellectuelle permise par la diversité des sujets et des approches.