Quels sont les emplois traditionnellement occupés par les diplômés de philosophie ?
Enseignent-chercheur, professeur certifié ou agrégé dans l’enseignement secondaire, métiers des secteurs du journalisme, de l’édition, de la culture, de la rédaction, métiers du livre, des médias, de la production de contenus intellectuels, voilà les métiers auxquels on pense spontanément après des études de philosophie
.
Voici pourtant
7 métiers plus méconnus et parfois bien plus inattendus qui recrutent des diplômés en philosophie et qui sont directement liés aux
compétences attractives que développent les étudiants de philosophie au cours de leurs études :
- Esprit critique
- Rigueur logique
- Capacité d'abstraction et de raisonnement
- Analyse de problèmes complexes
- Prise de recul et vision globale
- Éthique et responsabilité
- Qualités rédactionnelles et argumentatives
- Questionnement stratégique
Les entreprises ont besoin de professionnels capables non seulement de
comprendre les performances techniques des systèmes, mais aussi d'en
interroger les limites, les biais, l'impact social et les responsabilités qu'ils engagent.
Les jeunes diplômés en philosophie ont donc un avantage sur le
marché du travail : les entreprises recherchent de plus en plus des professionnels
conscients des enjeux globaux de leur secteur d’activité et capables de
répondre à des questions plus larges que les seules compétences techniques ne suffisent plus à traiter.
Conseiller philosophique : accompagner les dirigeants d'entreprise
Le métier de
conseiller philosophique ou
consultant en philosophie d'entreprise consiste à
accompagner des dirigeants, managers ou entrepreneurs dans un travail de
clarification :
- quelles sont leurs valeurs réelles ?
- Quel est le sens de leur action ?
- Sur quoi reposent, au fond, leurs décisions stratégiques ?
Contrairement à un consultant classique,
le philosophe n'apporte pas de solution technique : il aide à
mieux formuler les questions, souvent via des
séances de dialogue individuelles ou des
ateliers collectifs. C'est un métier d'
indépendant : le consultant intervient
ponctuellement, pour plusieurs clients en parallèle, sans être intégré à l'entreprise elle-même.
Devenir philosophe dans le domaine de l'IA
Le métier de
"philosophe de l'IA" ou
éthicien de l'intelligence artificielle consiste à interroger
les valeurs, les biais et les conséquences sociales des systèmes que développent les entreprises technologiques, là où les ingénieurs se concentrent sur leur fonctionnement technique.
Malgré les récents articles sur le sujet, le phénomène n'est pas nouveau : Google avait déjà fait appel, dès 2010-2011, à un
"philosophe en résidence".
Amanda Askell, Docteure en philosophie, incarne le mieux ce métier. Après avoir travaillé deux ans au sein de l'entreprise OpenAI, elle rejoint Anthropic en 2021. Elle y dirige depuis l'équipe d'« alignement de personnalité » et a joué un rôle central dans
la rédaction de la Constitution de Claude, un document de plus de 20 000 mots qui définit les principes devant guider le modèle pour arbitrer entre
sécurité, honnêteté et utilité.
À mesure que les
systèmes d'IA deviennent plus
autonomes et
influencent davantage nos décisions, les entreprises du secteur recherchent des
professionnels capables de poser ce type de questions, un besoin qui devrait s'accentuer dans le futur, notamment du fait des problèmes éthiques et environnementaux que posent l’IA et ses différents usages.
Juriste / éthicien et responsable conformité : quand philosophie et droit se rencontrent
Philosophie et droit sont deux disciplines qui partagent des méthodes communes :
l'analyse rigoureuse des textes, la
construction d'arguments, l'
interprétation de notions complexes et la capacité à
examiner une question sous différents angles.
Ces
compétences constituent un socle précieux pour les professions juridiques, mais aussi pour des domaines plus récents comme la
conformité, la
protection des données, la
gouvernance des algorithmes ou encore l'
éthique de l'intelligence artificielle.
Dans ces secteurs, les organisations recherchent des profils capables non seulement de maîtriser les règles et les
réglementations, mais aussi d'en
comprendre les implications humaines, sociales et morales. À mesure que se développent les questions liées à l'IA, aux
données personnelles ou à
la responsabilité des entreprises, la capacité à articuler raisonnement juridique et
réflexion éthique devient un véritable avantage concurrentiel.
Directeur de la réflexion stratégique et éthique : le philosophe intégré à la direction d'une entreprise industrielle
Le "Chief Philosophy Officer" ou encore "Philosophe en chef" est un
membre de la direction d'une entreprise et participe à la définition de la vision et de l
'orientation stratégique de l'entreprise.
Ses missions peuvent inclure :
- Définir les valeurs et les principes éthiques de l'organisation.
- Accompagner les décisions stratégiques sous un angle philosophique et social.
- Réfléchir aux impacts humains, sociaux et technologiques des activités de l'entreprise.
- Contribuer à la culture d'entreprise et à la raison d'être.
- Intervenir sur les sujets liés à l'IA, à l'éthique, à la responsabilité ou au sens du travail.
Ces postes sont souvent présents dans les
entreprises innovantes,
cabinets de conseil ou organisations souhaitant afficher fortement leur
réflexion éthique.
Éthicien de la défense et bioéthicien clinique : les philosophes de l'ombre
Deux autres secteurs emploient des philosophes depuis longtemps, sans que cela soit toujours identifié comme tel.
Dans la
défense, des philosophes spécialisés en éthique appliquée travaillent sur la question des
armes autonomes ou la
doctrine d'engagement des drones, souvent au sein de comités éthiques rattachés à des
institutions de défense ou des
think tanks spécialisés.
Dans le domaine de la
bioéthique, des
éthiciens cliniciens, souvent formés en philosophie, interviennent en
milieu hospitalier pour aider à l’arbitrage des
décisions concernant la fin de vie, l’ajustement des soins apportés à la situation des patients. C'est un rôle déjà institutionnalisé depuis des décennies, mais toujours mal connu du grand public, qui associe généralement l'hôpital aux seules professions médicales.
RSE, affaires publiques, think tanks : la philosophie, un atout majeur
Trois autres métiers méritent d'être cités :
- le responsable RSE / chargé de mission impact,
- le Chargé d'affaires publiques / consultant en lobbying
- le Chargé d'études / analyste stratégique en think tank (Institut Montaigne, IRIS, Fondation Jean Jaurès, Fondapol...).
Dans ces trois cas, les compétences propres à la philosophie apportent une vraie valeur ajoutée : la
capacité à problématiser un enjeu complexe, à
transformer une conviction en argumentaire, ou encore à
interroger l'utilité sociale réelle d'une décision.
Le DU "Entreprises et Bien Commun" de la Chaire ICP-ESSEC
Créée en 2021 par l'ICP et l'ESSEC Business School, cette chaire propose un
Diplôme Universitaire construit autour de la notion de "bien commun" appliquée aux entreprises. Sur un semestre, les étudiants de
niveau master et doctorat suivent une
mission d'immersion mêlant théorie et pratique, aux côtés d'étudiants de l'ESSEC, avec un
séminaire d'application directement en entreprise partenaire. C'est une formation particulièrement adaptée à qui vise un poste de
Responsable RSE ou de
Chargé de mission Impact : elle apprend concrètement à interroger la
contribution réelle d'une entreprise au bien commun, plutôt qu'à s'en tenir à un discours théorique.
Comment se spécialiser au cours de son cursus ?
Les études de philosophie offrent de nombreux débouchés, mais, contrairement à une idée reçue, il n'est pas nécessaire d'attendre la fin du cursus pour commencer à se spécialiser vers un secteur en particulier. Par
le choix des sujets de dissertation de Licence (en L3) puis du sujet de mémoire en Master 1 puis en Master 2, chaque étudiant peut commencer l’exploration d’un domaine ou d’une question précise liée à son projet professionnel. Les étudiants peuvent en outre effectuer des stages afin de découvrir concrètement un
secteur d'activité, de développer leurs compétences et d'affiner leur projet professionnel, tout en nourrissant leur réflexion académique.
Comment intégrer une licence de philosophie à l'ICP ?
Pour intégrer une licence, l'étudiant doit avoir le
niveau Baccalauréat de l'enseignement secondaire. L'admission se fait via
Parcoursup. Une attention particulière est portée aux résultats en
français, philosophie, histoire et langues étrangères, ainsi qu'à la capacité à s'adapter à un rythme de travail universitaire.
La formation compte
50 places par promotion.
Quelles spécialités et options choisir pour intégrer une licence de philosophie ?
Aucune spécialité n'est obligatoire pour intégrer une licence de philosophie, mais certains enseignements constituent une préparation particulièrement pertinente.
Les spécialités
Humanités, Littérature et Philosophie, Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques ou encore les
langues développent des compétences d'analyse, de réflexion et d'argumentation très utiles dans l'enseignement supérieur.
Contrairement aux idées reçues, la philosophie n'est pas réservée aux littéraires :
les profils littéraires comme les profils scientifiques peuvent ainsi y trouver leur place.
Cependant pour intégrer une licence de philosophie à l'ICP, le choix des spécialités et des options reste secondaire par rapport à des qualités essentielles :
curiosité intellectuelle, goût pour la
lecture et l'écriture,
ouverture d'esprit.
Quels sont les masters de philosophie proposés à l'ICP ?
L'ICP propose un
Master de Philosophie dont les séminaires sont au choix. À la suite du Master, l'étudiant peut se tourner vers plusieurs carrières professionnelles : entreprise, administration, association, journalisme, édition, culture et métiers évoqués ci-dessus. Il est également possible de continuer les études de philosophies avec un doctorat ou se préparer aux concours de l’enseignement, CAPES/CAFEP ou agrégation, avec
la préparation aux concours de philosophie proposée par l'ICP.
Retrouver toutes les informations sur la page dédiée à la préparation à l'agrégation de philosophie.
Faut-il un doctorat pour travailler après des études de philosophie ?
Non. Le doctorat est nécessaire pour
l'enseignement-recherche et pour la plupart des postes dans les
laboratoires d'intelligence artificielle, mais de nombreux débouchés (conseil, droit et conformité, chief philosophy officer, médiation) sont accessibles dès le Master, notamment via un stage professionnalisant ou un diplôme complémentaire comme le
DU Entreprises et Bien commun de la Chaire ICP-ESSEC.
Peut-on associer la philosophie à un autre cursus à l'ICP ?
Oui. L'ICP propose notamment une
double licence Droit-Philosophie, qui allie
la rigueur du droit à l'amplitude de la
réflexion philosophique. À la suite, plusieurs orientations sont possibles : des masters de droit, de science politique ou de relations internationales, et vers des poursuites d'études en philosophie, une combinaison particulièrement adaptée aux projets professionnels émergents de la conformité, de l'éthique de l'IA ou de la gouvernance des données.