Pouvez-vous nous partager votre parcours en quelques mots ?
Installée depuis cinq ans à Reims,
j’ai auparavant passé quinze ans à l’étranger, à Londres et à Malte. J’y ai travaillé dans la rédaction et la traduction, mais aussi comme interprète bénévole pour une association qui soutenait des migrants mineurs. De retour en France, je me suis tournée vers l'enseignement avec l'envie de transmettre ce que l'expatriation m'avait apporté
. J'ai enseigné dans plusieurs établissements d'enseignement supérieur et à l'université, avant de reprendre
un master MEEF pour me former en ingénierie de formation.
Qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre le campus rémois comme Responsable du pôle langues ?
D'abord parce que l'accueil y était vraiment chaleureux, ensuite,
parce que les langues y tiennent une vraie place, elles sont pleinement intégrées au projet pédagogique quelle que soit la filière. C'est une richesse pour les étudiants, et une belle mission que de leur ouvrir les yeux sur d'autres cultures et d'autres façons de penser. Sans oublier la beauté du campus, qui est un privilège au quotidien.
D’où vous est venue l’envie de devenir enseignante d’anglais ?
J'ai grandi avec l'anglais, entre des baby-sitters irlandaises et américaines, des séjours linguistiques l'été ou encore mes parents qui me mettaient des vidéos d'apprentissage le week-end ! C'était donc une évidence de m'orienter vers des études d'anglais. Et pendant mes quinze ans à l'étranger, c'est devenu bien plus qu'une langue professionnelle : c'était la langue qui réunissait tout le monde, toutes nationalités confondues. Pour moi, enseigner l’anglais, c'est offrir aux étudiants une clé pour s'ouvrir au monde et gagner en confiance.
Pouvez-vous nous expliquer votre rôle au sein du pôle langues de Reims ?
Je coordonne une équipe de 23 enseignants et veille à la cohérence pédagogique des cours sur le campus. J'assure aussi le suivi des étudiants, de la répartition par groupes de niveau jusqu'à leur progression via les évaluations. Mon rôle consiste aussi à
faire vivre les langues en dehors des salles de cours, à travers des événements, des projets et des partenariats. Mon ambition est de créer un espace où les langues sont vécues : il ne s’agit pas d’apprendre pour apprendre, mais pour grandir et voir plus loin.
Quelle est votre vision de l’enseignement des langues ?
A l’ICP,
nous privilégions l’approche actionnelle : on apprend en faisant. Les étudiants sont plongés dans des situations proches de la réalité, réutilisables dans leur vie professionnelle et personnelle. Les activités de groupe sont au cœur de cette approche, car communiquer, c'est toujours avec quelqu'un.
L'oral tient une place centrale, car beaucoup d'étudiants hésitent à parler par peur de l'erreur ou de l'accent. Pourtant communiquer, c'est avant tout oser prendre la parole ! Un bon professeur de langues, selon moi, est quelqu'un qui rassure, encourage et transmet le plaisir de communiquer. C'est au moins aussi important que transmettre les règles de grammaire.
La mobilité internationale à l'ICP
L'ICP offre aux étudiants la possibilité de partir un semestre en troisième année, en s'appuyant sur un réseau de plus de 240 universités partenaires dans 56 pays. Le pôle langues les accompagne dans leur préparation linguistique dès la première année. Partir à l'étranger est une expérience à la fois académique et profondément humaine. Les étudiants reviennent souvent plus autonomes, plus confiants, avec un regard différent sur le monde.
>> Découvrir les universités partenaires
Un projet que vous avez aimé porter sur le campus ?
Le «
Pôle Langues en fête » ! C'est un temps fort qui revient chaque semestre depuis quelques années. Deux éditions ont eu lieu cette année.
Au premier semestre, le thème s'inspirait du Golden Record de la mission Voyager, symbole de la diversité humaine. Les étudiants ont imaginé des messages et des
productions culturelles en sept langues, destinés à des êtres d'une autre planète. J’ai été impressionnée par leur créativité et leur engagement, tout comme celui de leurs enseignants. Le dernier jour, un grand goûter international a régalé les papilles avec des
pan de muerte mexicain, churros espagnols, gâteaux orientaux, strudel allemand, etc.
Au deuxième semestre,
un escape game a de nouveau réuni tous les étudiants autour de six énigmes à résoudre en différentes langues pour retrouver des œuvres d'art mystérieusement disparues. Mots codés, indices disséminés dans tout le campus... La convivialité était au rendez-vous.
Quelles sont les perspectives futures du pôle langues ?
Le pôle langues évolue en lien avec l’ouverture de nouveaux parcours sur le campus, mais aussi les transformations de la société et les nouvelles pratiques pédagogiques. Nous co-organisons d'ailleurs le 30 juin
une journée d'études sur l'intelligence artificielle dans l'enseignement des langues, en partenariat avec l'université de Reims.
Nous proposons actuellement sept langues et envisageons d'élargir cette offre pour répondre à la demande croissante autour des langues asiatiques. À plus long terme, nous aimerions également permettre à nos étudiants de passer leurs certifications officielles directement sur le campus, pour leur simplifier cette étape.