Une communauté réunie autour des lauréats
Aboutissement de plusieurs années de travail, la thèse constitue une aventure intellectuelle et humaine. La cérémonie solennelle organisée le 19 octobre 2026 à l’Institut Catholique de Paris a permis de saluer cet engagement, en réunissant les lauréats et les enseignants qui les ont accompagnés.
En ouverture,
Emmanuel Petit, recteur de l’ICP, a félicité les lauréats ainsi que leurs directeurs et directrices de thèse. Il a rappelé les exigences d’un parcours fait de persévérance, parfois de solitude, mais toujours soutenu par une communauté de recherche.
Son intervention a également souligné la responsabilité de l’université face aux inquiétudes de la société. Pour les chercheurs, le travail accompli ouvre ainsi une mission : apporter, à travers leurs recherches, des éclairages aux questions de leur temps.
Écouter l’allocution d’ouverture d’Emmanuel Petit — 01:37
Patrick Demouy : le doctorat, un héritage à faire vivre
Président d’honneur de la cérémonie,
Patrick Demouy, professeur émérite de l’Université de Reims Champagne-Ardenne et président de la Chaire de l’ICP Histoire et Patrimoine du Moyen Âge | Reims, Champagne, a proposé un parcours à travers l’histoire du doctorat.
Des universités médiévales aux cérémonies contemporaines, il a éclairé le sens des grades, des vêtements universitaires et des rites qui accompagnent l’entrée dans la communauté des docteurs. Derrière ces traditions se dessine une même exigence : reconnaître un savoir, mais aussi la responsabilité de le transmettre.
Son adresse aux lauréats a insisté sur l’après-thèse. Publier, enseigner, partager les résultats de ses recherches : le doctorat inaugure de nouveaux engagements, à exercer dans l’humilité, la reconnaissance envers ses maîtres et l’attention portée aux étudiants.
« Savoir pour servir » : cette formule a donné le fil d’une intervention plaçant la connaissance au service de la personne et de la société.
Écouter le discours de Patrick Demouy — 05:43
Cinq facultés, cinq éclairages sur la recherche
La cérémonie s’est poursuivie par la mise à l’honneur des lauréats de cinq facultés. Pour chacune d’elles, une présentation dans le cadre de l’exercice « Ma thèse en 180 secondes » a permis de découvrir une recherche, ses méthodes et ses principaux apports.
Après l’appel des lauréats par Pierre-Alban Gutkin-Guinfolleau, directeur du premier cycle, Marie-Odile Ginot a présenté sa thèse :
« Finitude et transcendance dans l’œuvre d’Edith Stein : une réponse à Heidegger. »
Son travail interroge la manière dont Edith Stein reprend la question de la finitude humaine en dialogue avec Heidegger. Il montre comment l’ouverture à Dieu peut conduire à affronter pleinement la condition humaine, dans ses dimensions incarnée, souffrante et solidaire.
Écouter la présentation de Marie-Odile Ginot — 31:29
La séquence consacrée à la Faculté d’Éducation et de Formation, introduite par Augustin Mutuale, doyen et directeur du troisième cycle, a donné la parole à Laure Calmelet, pour sa thèse :
« Quelle justice pour la dynamique inclusive ? Le sentiment de justice des professionnels de l’éducation face au défi de l’accessibilité pédagogique à visée universelle : conflit entre dynamique inclusive et méritocratie scolaire. »
À partir d’une enquête auprès de professionnels de l’éducation, cette recherche analyse les liens entre leurs conceptions de la justice et leur regard sur les élèves en situation de handicap. Elle invite à réfléchir aux tensions entre mérite et inclusion, ainsi qu’aux conditions d’une école accessible à tous.
Écouter la présentation de Laure Calmelet — 37:39
Pour la Faculté de Sciences sociales, d’Économie et de Droit, représentée par Bernard Bourdin, directeur du troisième cycle, Marjorie Legendre a présenté sa thèse :
« Fondements et formation du discours chrétien en éthique sociale : un dialogue catholique – protestant évangélique. »
Cette recherche examine les fondements théologiques du discours social dans les deux traditions. En identifiant leurs convergences tout en prenant au sérieux leurs différences, elle explore les possibilités d’une parole chrétienne commune dans le débat public et au service du bien commun.
Écouter la présentation de Marjorie Legendre — 41:14
Après l’appel des lauréats par Sophie Ramond, directrice du troisième cycle, Maximilien Launay a présenté sa thèse :
« En chemin vers le Royaume. La dimension eschatologique du mariage et de la profession religieuse. »
À travers l’étude des rituels, son travail interroge la manière dont le mariage et la vie religieuse donnent à vivre, dès aujourd’hui, quelque chose du Royaume à venir. Il met en lumière leur complémentarité : chaque vocation peut devenir, pour l’autre, un signe de la présence du Christ et un appel à la sainteté.
Écouter la présentation de Maximilien Launay — 46:34
La séquence consacrée à la Faculté de Droit canonique, conduite par Cédric Burgun, doyen et directeur du troisième cycle, a permis à Alexis Ossola de présenter sa thèse :
« Le pouvoir de décider des laïcs dans le gouvernement de l’Église. Analyse critique à partir de la distinction entre statut de personne et statut de fonction. »
Son étude distingue les droits et les devoirs attachés à la personne de ceux qui relèvent d’une fonction. Cette approche permet d’examiner les responsabilités décisionnelles confiées aux laïcs, notamment dans les domaines judiciaire et exécutif, et d’ouvrir des pistes de réflexion sur le gouvernement de l’Église.
Écouter la présentation d’Alexis Ossola — 50:32
Préserver le temps et la dimension humaine de la recherche
En conclusion, le professeur
Vincent Holzer, vice-recteur à la recherche de l’ICP, a proposé une réflexion sur le temps nécessaire à la pensée.
Une thèse se nourrit de lectures, de rencontres et d’héritages intellectuels. Sa publication appelle ensuite un nouveau travail de maturation et de réécriture, pour rendre ses résultats accessibles au-delà du cercle de la soutenance.
À l’heure de l’intelligence artificielle, son intervention a rappelé la dimension personnelle de cette démarche : chercher, penser et écrire engagent un sujet, une intention et une parole. Les outils peuvent accompagner ce travail, sans en effacer l’exigence humaine.
Écouter l’intervention de conclusion de Vincent Holzer — 54:44
La soirée s’est achevée par un temps convivial, prolongeant les échanges entre les lauréats et la communauté universitaire. Une nouvelle étape pour ces chercheurs, appelés à faire vivre et à partager les savoirs qu’ils ont contribué à renouveler.
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