Quel a été votre parcours universitaire ?
Après un parcours en Lettres, j’ai poursuivi mes études par un master, puis
un doctorat en sciences de l’information et de la communication au CELSA. Ma thèse s'intitulait « La construction médiatique de la revendication “antisystème” : enquête sur les stratégies de création et de renouvellement d’une (im)posture journalistique et politique ».
J’y étudiais les discours et les trajectoires médiatiques de figures politiques contemporaines, dans un contexte marqué par la montée des discours dits « antisystème ».
Pendant mon doctorat
j’ai exercé en tant qu’attachée temporaire d’enseignement et de recherche au CELSA, où j’ai notamment assuré des enseignements en analyse des médias, en sémiologie et en méthodologie de la recherche. Après ma soutenance de thèse en 2020,
j’ai occupé un poste d’enseignante contractuelle à l’Université Sorbonne Paris Nord où j’ai élargi mes enseignements aux controverses publiques et aux enjeux contemporains de la communication.
En 2022, j’ai pris la direction de la
Licence Information – Communication, parcours Médias, Humanités, Monde contemporain de l’ICP, sur le campus de Reims, puis, en septembre 2024, celle du
master Information - Communication : Écosystèmes médiatiques et transition numérique.
Je souhaite contribuer à proposer une formation à la fois critique et professionnalisante, qui aide les étudiants à comprendre les transformations des médias et à s’insérer dans des environnements en mutation.
Quels sont vos domaines de spécialités et vos projets de recherche actuels ?
J’analyse les médias comme des espaces où se construisent et circulent les discours publics. J’ai d’abord travaillé sur la manière dont certaines figures politiques se construisent dans l’espace médiatique, à partir du cas des revendications dites « antisystème » : comment les médias les rendent visibles, les qualifient ou les disqualifient.
Je m’intéresse également à la question des violences symboliques et discursives, dans l’espace médiatique, et en particulier au rapport entre humour et violence. Mes recherches interrogent les liens entre médias, discours politiques et rapports de pouvoir, ainsi que les logiques de circulation des contenus, d’adhésion, et de fabrication de doute et d’ignorance.
Plus largement,
j’étudie les limites et la transgression dans l’espace public, dans une perspective en partie historique : elles montrent comment évoluent les sensibilités collectives, les normes sociales et les valeurs d’une époque.
Vous êtes aujourd'hui enseignante-chercheuse à l'ICP. Quels sont vos enseignements en licence et master ?
Mes enseignements portent principalement sur
la construction des problèmes publics et le rôle des médias dans ce processus. Avec les étudiants,
nous analysons ce qui permet à certaines questions sociales et politiques d’accéder à la visibilité et d’être mises en débat dans différents espaces médiatiques : les logiques de cadrage, de hiérarchisation et de circulation des discours, et les acteurs en jeu (journalistes, associations, mouvements sociaux, figures politiques).
J’enseigne aussi aux étudiants de master la régulation et la modération des contenus médiatiques, qui opposent liberté d’expression, contraintes économiques, dispositifs techniques et enjeux démocratiques. Ces cours permettent d’étudier les transformations liées aux environnements numériques, en particulier le rôle des plateformes, les politiques de modération et les controverses qu’elles suscitent.
L’objectif est de donner aux étudiants des outils d’analyse critique pour comprendre les mutations actuelles des écosystèmes médiatiques et leurs implications sociales et politiques.
Vous codirigez le master Information-Communication. Quel est l’objectif de cette formation ?
Le master Information - Communication : Écosystèmes médiatiques et transition numérique forme de futurs créateurs de contenus numériques, capables d’évoluer dans le monde de demain. Depuis vingt ans, le secteur de l’information et de la communication se caractérise par une constante mutation, les outils numériques se multiplient et disparaissent vite. Les professionnels doivent donc sans cesse suivre les dynamiques actuelles et s’adapter aux nouveaux usages.
Pour former ces futurs professionnels, le master s'appuie sur une approche à la fois pratique et analytique : des enseignements théoriques et un mémoire de recherche pour comprendre les enjeux contemporains de la communication, et des ateliers pour acquérir des compétences concrètes. Il se construit autour de quatre objectifs : faire preuve de créativité dans l’écriture et la production de contenus, élaborer des stratégies de communication diverses, comprendre l’écosystème médiatique, notamment dans sa dimension économique, et s’adapter aux formats qui émergeront.
Les entreprises du secteur y trouveront de jeunes professionnels polyvalents, capables de créer du contenu pour de nouvelles plateformes, de concevoir de nouveaux formats et d’en comprendre rapidement les usages.
À qui s’adresse t-il et à quels métiers prépare-t-il ?
Le master s’adresse en priorité aux étudiants créatifs, attirés par la création de contenus, qui souhaitent acquérir des compétences pratiques et des connaissances théoriques pour penser des stratégies de communication adaptées aux enjeux, aux cibles et aux structures.
Il mène à des métiers variés, dans les industries culturelles et créatives, la communication politique ou la communication institutionnelle : producteur de contenus multimédias, rédacteur, responsable de communication digitale, community manager…