Pendant trois jours l'ICP a accueilli enseignants-chercheurs, étudiants, doctorants, responsables ecclésiaux et universitaires venus de France et de l'international pour le colloque «
Se former en théologie à l'université : le débat comme mission ».
Organisé dans le cadre des 150 ans de l'ICP, cet événement a permis d'interroger ce qui fait aujourd'hui la spécificité d'une formation universitaire en théologie :
un lieu où l'on apprend autant à penser qu'à écouter, à débattre qu'à transmettre, au service de l'Église et du monde.
Penser la théologie dans un monde en mutation
En ouvrant le colloque,
Anne-Sophie Vivier-Muresan, doyenne de la
Faculté de Théologie, a rappelé la vocation de l'université :
offrir un espace où la recherche, le dialogue et l'intelligence critique permettent de répondre aux défis de chaque époque.
Les premières conférences, avec Philippe Boutry,
David Gilbert,
Jean-Louis Souletie puis
David Sendrez, ont proposé un
regard à la fois historique et prospectif sur la théologie universitaire, depuis les origines du projet de l'ICP jusqu'aux nouveaux défis qui se présentent aujourd'hui.
La table ronde animée par Anne-Bénédicte Hoffner, réunissant notamment Mgr Olivier Leborgne, Perceval Pondrom et Anne-Sophie Vivier-Muresan, a prolongé cette réflexion en interrogeant très concrètement ce que signifie aujourd'hui faire du débat une véritable mission.
Une théologie qui dialogue avec les réalités contemporaines
La deuxième journée a mis en lumière les nombreux défis auxquels la recherche théologique est aujourd'hui confrontée.
Avec le Professeur
Vincent Holzer, Vice-Recteur de l'ICP à la Recherche, Directeur de l'Unité de Recherche "
Religion, Culture et Société", la réflexion s'est ouverte sur le
statut même de la théologie comme acte de pensée. Pierre Bourdon a ensuite interrogé les conséquences de
la révolution numérique et de l'intelligence artificielle sur notre manière de produire, transmettre et recevoir les savoirs.
Les interventions de François Odinet, Joël Molinario et Marie-Dominique Trébuchet ont rappelé combien
les expériences humaines, les pratiques pastorales et l'écoute des personnes les plus fragiles constituent aujourd'hui de véritables lieux d'élaboration théologique. Une conviction s'est progressivement dégagée : la théologie universitaire grandit lorsqu'elle accepte de se laisser interpeller par les questions du monde contemporain plutôt que de chercher à leur répondre seule.
Au cours des séances de l'après-midi,
les ateliers ont permis aux participants d'approfondir plusieurs grands chantiers de recherche : formation biblique, liturgie, synodalité, œcuménisme, accompagnement des catéchumènes ou encore dialogue entre théologie et sciences sociales.
ICP Le
forum des doctorants est venu compléter ces échanges en donnant à voir la vitalité de la jeune recherche théologique menée au sein de la Faculté.
Une recherche vivante et ouverte sur le monde
Moment fort du colloque, la conférence publique du cardinal Roberto Repole, archevêque de Turin, a réuni un large public autour des enjeux actuels de la théologie au service de la mission de l'Église.
La soirée s'est poursuivie avec la présentation de
l'ouvrage publié à l'occasion des 150 ans de l'ICP, avant la remise du Prix
Jean et Maurice de Pange, qui distingue chaque année une thèse d'exception soutenue au sein de la Faculté de Théologie.
Cette édition a mis à l'honneur le père Louis Seme Nkolo, récompensé pour sa thèse
" L’universel concret du christ : principe herméneutique de la théologie théandrique chez Claude Geffre. Pour une refondation trinitaire du sujet humain africain.".
La cérémonie, marquée par la présence de S.E. Christophe Zoa, évêque de Sangmélima, et de représentants de l'ambassade du Cameroun en France, a également été l'occasion de saluer la contribution des nombreux étudiants internationaux qui enrichissent chaque année la vie académique de la Faculté.
Former au dialogue
La troisième journée s'est tournée vers
les perspectives d'avenir.
Les interventions d'
Elena Lasida,
Gilles Berceville,
Ludovic Danto et Gilles Routhier, avant la conclusion confiée à Michel Deneken, ont ouvert de
nouvelles pistes de réflexion autour de l'interdisciplinarité, du croisement des savoirs, de la pluralité des discours théologiques, de la synodalité et de la responsabilité des universités dans la formation de celles et ceux qui seront demain au service de l'Église et de la société.
Au fil des échanges, une même intuition s'est imposée :
le débat n'est pas un simple outil pédagogique. Il constitue une manière de faire de la théologie, une école d'écoute, de discernement et de liberté, indispensable pour annoncer l'Évangile dans un monde complexe.
Une réflexion appelée à se poursuivre
Plus qu'un colloque anniversaire, ces trois journées ont témoigné de la vitalité de la recherche théologique menée à l'ICP. Elles ont rappelé que
la théologie universitaire demeure un lieu où la tradition dialogue avec les questions de notre temps, où les disciplines se rencontrent et où les expériences humaines nourrissent la réflexion.
Les actes du colloque, actuellement en préparation, permettront prochainement de retrouver l'ensemble des conférences et d'approfondir les nombreuses pistes de recherche ouvertes au cours de ces trois journées.