Pouvez-vous nous partager votre parcours ?
Je suis née en Russie et j’ai fait mes études à l’
Université d’État de Moscou.
Après avoir obtenu un bachelor Langues et littératures modernes européennes, j’ai choisi de venir étudier en France, ce qui était un rêve d’enfance.
J’ai été acceptée dans six universités françaises, dont la Sorbonne, mais
j’ai fait le choix de rejoindre l’ICP et d’intégrer le master Lettres et humanisme.
J’ai été attirée par le programme pluridisciplinaire, en particulier l’association de la littérature et de la philosophie, qui m’a permis d’étudier la poésie philosophique de Simone Weil.
Au cours de ma formation,
j’ai particulièrement aimé les cours sur l’écriture de la conscience, sur les liens entre littérature et théologie, ainsi que l’étude de Marcel Proust et de Samuel Beckett. Les cours de philosophie m’ont permis d’approfondir ma connaissance de Georges Bernanos, de Günther Anders et d’autres auteurs.
J’ai également beaucoup
apprécié la disponibilité des enseignants, dont
Clélie Millner, qui m’a reçue en entretien et qui dispense plusieurs enseignements très intéressants au sein du master.
Pouvez-vous nous parler de votre mémoire de recherche en master ?
En arrivant au sein du master Lettres et humanisme,
j’ai souhaité étudier la poésie de Simone Weil, en particulier la dimension biblique de ses écrits poétiques. Ils réunissent plusieurs aspects qui m’intéressent : les traces du destin d’une personnalité hors du commun, une quête religieuse et philosophique, ainsi qu’une quête de soi en forme de vers rimés.
J’ai mené ce premier travail de recherche sous la direction d’Andréa Schellino, docteur de l’université Paris Sorbonne et chargé d’enseignement à l’ICP.
Grâce à son accompagnement et à son écoute, j’ai su adopter les bonnes méthodes pour mener à bien mon mémoire.
À l’issue de la première année, j’ai souhaité
changer de projet de recherche pour me consacrer à la littérature comparée. Mon activité de traductrice, menée en parallèle, me donnait
envie d’approfondir la question des transferts de langues, notamment en poésie.
J’ai sollicité Tatiana Victoroff, maître de conférences HDR à l’Université de Strasbourg,
pour m’accompagner dans ce projet. Grâce à elle, j’ai eu l’opportunité d’intervenir lors d’une journée d’études consacrée aux littératures de l’exil.
J’ai ainsi choisi de travailler sur le thème des exils de Raïssa Maritain et de Marc Chagall.
Comment se déroule concrètement un travail de recherche en littérature ?
La tâche la plus complexe est d’abord l’élaboration du plan et la bonne structuration des idées. Après avoir constitué le corpus de textes, il faut prendre le temps de les lire attentivement, de rédiger des comptes rendus d’ouvrages critiques et de recopier les citations.
Tout ce travail préalable permet de problématiser son sujet et de dégager les grandes parties. En l’occurrence sur mon mémoire : premiers exils (Russie et France), l’exil pendant la Seconde Guerre mondiale, et les exils intérieurs.
Le travail de recherche en littérature nécessite d’y consacrer chaque jour plusieurs heures, que ce soit pour la recherche pure ou la rédaction.
La persévérance et la constance ont été essentielles pour mener mon mémoire à son terme, tout comme l’accompagnement de mes directeurs de recherche.
Que retenez-vous de vos deux années de master à l’ICP ?
Ces deux années de master à l’ICP m’ont permis de découvrir un environnement bienveillant, en particulier entre les étudiants et avec les enseignants.
J’ai été marquée par le dévouement de l’équipe pédagogique, par sa disponibilité et son aide, comme celles de
Véronique Wiel,
Clélie Millner, Jean-Baptiste Amadieu et Florent Dumontier.
J’ai eu la chance d’étudier dans un magnifique campus au cœur de Paris, qui abrite le jardin des Carmes et se trouve à proximité du jardin du Luxembourg.
La vie étudiante en master est aussi importante que lorsqu’on démarre ses études supérieures. J’ai eu l’occasion de chanter dans la chorale de l’aumônerie, où j’ai fait de très belles rencontres, ce qui est précieux quand on est étudiant étranger.
Quelles perspectives avez-vous pour la suite de votre parcours ?
J’ai obtenu mon master Lettres et humanisme à l’ICP cette année. Sur proposition de ma directrice de recherche, Tatiana Victoroff
, j’ai décidé de poursuivre mon parcours en deuxième année de master Lettres à l’Université de Strasbourg. Cette formation va me permettre de
consolider mes connaissances en littérature et en méthode du commentaire comparé.
Je pourrai ainsi continuer mon travail sur la poésie de Marc Chagall, puis m’inscrire en doctorat.
En parallèle de mes études, je continue de traduire des œuvres littéraires du français vers le russe et je donne des cours particuliers de langue.
J’aimerais obtenir un poste d’enseignante en littérature française, ou travailler en bibliothèque, dans une maison d’édition ou dans un service d’archives.