Corps en postreligion

Organisation


Coresponsables

GUÉ Xavier, Professeur extraordinaire, Faculté de Théologie
VALASIK Corinne, Professeur extraordinaire, Faculté de Sciences sociales, d’Économie et de Droit
 

Membres 

ARNAUD Fanny, Maître de conférences, Faculté de Sciences sociales, d’Économie et de Droit
ARRETO Marie-Caroline, Professeur extraordinaire, Faculté de Sciences sociales, d’Économie et de Droit
BERCEVILLE Gilles, Professeur, Faculté de théologie
DECOUDUN Christophe, Maître de conférences, Faculté des lettres et Faculté de Théologie
MOLO Brice, Maître de conférences, Faculté de Sciences sociales, d’Économie et de Droit
THOMASSET Laure, Maître de conférences, Faculté de Sciences sociales, d’Économie et de Droit
VOLKOVA Elizaveta, Chef de projet valorisation scientifique, Vice-Rectorat à la Recherche
 

Membres d’une autre équipe associés 

JAMET Joséphine, Maître de conférences, Faculté de théologie
 

Doctorants 

AGBOSSAGA Arnaud Guy, Cycle d'études doctorales de la Faculté de Théologie
POATHY Jean-Charles, Cycle d'études doctorales de la Faculté de Sciences Sociales, d’Économie et de Droit
MARYONO Yohanes, Cycle d'études doctorales de la Faculté de Sciences Sociales, d’Économie et de Droit
FOUDAMA Simon, Cycle d'études doctorales de la Faculté de Théologie
MALEKE Kermeliss, Cycle d'études doctorales de la Faculté de Théologie
SANU Jacques, Cycle d'études doctorales de la Faculté de Sciences Sociales, d’Économie et de Droit
GIGACZ Stefan, Cycle d'études doctorales de la Faculté de Sciences Sociales, d’Économie et de Droit
OUÉDRAOGO W. Séverin, Cycle d'études doctorales de la Faculté de Théologie
NAVAIL Brigitte, Cycle d'études doctorales de la Faculté de Théologie

Activités

Thématique

Cette thématique s’inscrit dans la continuité de l’équipe de recherche Sacralisation et Individualisation, corps sacré, corps marchand (2021-2025), pilotée par Marie-Caroline Arreto et Corinne Valasik.

La place que la matrice moderne de la religion accordait au corps révèle une volonté de le conformer et de le façonner par des règles doctrinales, éthiques et une ritualité, de le socialiser dans un corps collectif et le spiritualiser en vue de Dieu. Le corps dans la religion « moderne » aurait-il été en quelque sorte l’altérité de la religion ? Il a donc été l’objet d’une domestication, parfois violente, même si cette domestication du corps fut progressivement prise en charge par l'État et la société. Le corps est donc un lieu du pouvoir qui s'exerce sur lui à travers des mécanismes de socialisation divers.

La postmodernité ainsi que la fin de la suprématie épistémique occidentale redessinent les contours du phénomène religieux selon plusieurs facettes. La fragmentation induite par la postmodernité ne laisse-t-elle pas émerger un corps qui désormais demande des comptes à la religion ? La tension entre corps et religion se manifeste à nouveaux frais dans ce que l’on peut appeler la postreligion. Aussi pourrions-nous penser qu’une sorte de réenchantement du monde passe par le religieux, en particulier par des corps qui se libèrent d’un rationalisme technique ? L’humain s’exprimerait par sa corporéité en devenant pour certains une source du vrai, de l’authentique. Aujourd’hui l’a-rationnel et la singularité seraient médiatisés par les corps en postreligion. La singularité se montre physiquement et se dévoile dans des tentatives de transformations, de mise en scène, de contrôle de son propre corps soit pour se démarquer des normes sociales corporelles existantes soit dans l’espoir dans créer d'autres. Le corps est alors le lieu de l’affirmation autonome, remettant en cause les solidarités habituelles. Aussi la religion comme lieu et facteur de socialisation se convertit-elle en postreligion pour une socialisation plus fluide. Les solidarités ne se situent plus uniquement dans un même espace géographique, mais se créent en fonction des besoins à travers les réseaux sociaux numériques.

Par ailleurs on assiste à une certaine décrédibilisation du corps politique liée à une fragmentation du corps social. Face à l’incertitude qui en découle sur le sens du vivre-ensemble, les religions retrouvent une crédibilité pour dire le « nous » : elles se manifestent comme « conscience » et « sagesse » inspirante pour le politico-social.

Enfin, le phénomène religieux serait marqué par une normativisation conférant aux fidèles une identité rassurante. Dans un monde considéré comme peu sûr, marqué par la crise de la culture, l’urgence pour ces « communautés » est « de mettre en place un « espace sécurisé ». La religion ici se vide de la philosophie et de la théologie. Les corps dans ce contexte sont alors soumis à une discipline ascétique, marqueur visible d’une appartenance religieuse. Mais aux corps « en-normés » répondent les corps en quête de guérison : la postreligion doit offrir tant la norme que la grâce, la discipline du corps que sa guérison.

Méthode de travail

  • Des séances régulières sont proposées durant lesquelles un ou deux membres de l’équipe expose un aspect de la thématique selon sa discipline et son champ personnel de recherche. La séance se poursuit par les réactions des autres membres. Comment la thématique présentée peut-elle analogiquement avoir un impact dans leur discipline et leurs propres recherches ?
  • Une session annuelle d’une ou deux journées est envisagée afin d’y élaborer des synthèses d’étape de la recherche commune et, éventuellement, de la réorienter.

Finalité

  • Organiser un colloque au terme du parcours de recherche et en publier les actes (2030).