Séminaire
Paris, Visioconférence
13 avril 2026, de 16h00 à 18h00

#5 La médecine palliative – centrée sur la personne : réponse à la crise de sens hospitalière ?

Face à la crise que traverse l’hôpital, les soins palliatifs semblent préserver une attention singulière à la personne et au sens du soin. Cette séance interroge leurs spécificités et leurs ressources : peuvent-ils offrir une réponse à la crise de sens que connaissent aujourd’hui les institutions hospitalières ?

Claire Fourcade
Médecin spécialisée en soins palliatifs
Elle est présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP). Elle exerce au sein d’une unité de soins palliatifs et intervient régulièrement dans le débat public sur les enjeux éthiques de la fin de vie, l’accompagnement des patients et les politiques de santé.
Blandine Humbert
Maîtresse de conférences en philosophie à l’ICP
Elle dirige l’École de Santé – Humanités et Soins. Ses travaux portent sur l’éthique du soin, la vulnérabilité et les humanités médicales, à l’articulation entre philosophie, médecine et réflexion institutionnelle.
pexels

La médecine palliative – centrée sur la personne : réponse à la crise de sens hospitalière ?

L’École de Santé – Humanités et Soins, lieu de recherche et de réflexion interdisciplinaire, propose un séminaire en 6 séances, le lundi de 16h à 18h, ouvert à tous.

Cette cinquième séance de l’édition 2025-2026 interrogera la place singulière de la médecine palliative dans un contexte de crise hospitalière.
 
À travers les regards croisés de Claire Fourcade, médecin en soins palliatifs et vice-présidente de la SFAP, et de Blandine Humbert, Maîtresse de conférences en philosophie et directrice de l’École de Santé de l’ICP, la séance explorera les ressources propres à cette approche du soin.
 
La crise hospitalière que traverse l’ensemble des services est aussi une crise partagée par les soins palliatifs. Cependant ces derniers semblent résister encore à la crise du sens. Quelles sont leurs richesses ? Leurs spécificités ? Peut-être que le fait de considérer une humanité reliée jusque dans sa vulnérabilité permet d’être préservé d’un individualisme qui isole et amène au solipsisme. La vulnérabilité assumée devient alors l’origine d’un monde commun, le politique, par l’amitié, s’ouvre alors à la fraternité.
 

Penser la souffrance humaine

Selon l’OMS, la santé est un état complet de bien-être physique, mental et social. Elle ne consiste donc pas uniquement en une absence de maladie ou d’infirmité. Cette définition de la santé est globale, totale. L’on retrouve un héritage antique : la recherche de l’ataraxie (l’absence de trouble) des stoïciens ou des épicuriens qui nous conduirait au bonheur. La santé deviendrait alors la condition sine qua non pour devenir heureux. Mais si elle est un fait total de bien être, comment intégrer dès lors la question de la souffrance dans l’expérience humaine ?
 

S’il existe un consensus large pour désormais penser que la douleur mérite d’être soulagée au maximum des moyens d’analgésie que nous possédons, la question de la souffrance semble plus difficile à traiter. La souffrance n’est pas la douleur, nous enseignait philosophe Paul Ricœur. La souffrance est à la frontière entre le corps et l’âme : nexus où tout semble s’entremêler. La souffrance ajoute à la douleur la question du sens, de la liberté de l’homme et de sa condition humaine. Elle oblige à poser la question de l’intelligence face à l’absurde.
 
La première année a permis de travailler la question existentielle et ontologique de la santé et de la souffrance, accompagnée dans des institutions. La deuxième année a réfléchi sur l’éthique qu’engage le cri de l’homme souffrant. Notre troisième année cherche à initier une réflexion sur l’accompagnement de l’homme qui souffre au sein des institutions soignantes.

Dernière date : 

Lieu(x) :
  • Paris
  • Visioconférence
Publié le 11 mars 2026 Mis à jour le 17 mars 2026

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