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Rencontre avec Augustin Sersiron, nouveau directeur de la licence Sciences sociales à l'ICP campus de Rouen

Augustin Sersiron est le nouveau responsable de la licence Sciences sociales à l'ICP Campus de Rouen. Il revient sur son parcours transdisciplinaire, ses thèmes de recherche et les raisons qui l’ont conduit à s’engager dans le développement de cette formation.

portrait DL @ICP

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?

« Mon parcours est résolument transdisciplinaire — ce qui me rend d'autant plus heureux de diriger une formation conçue dans cet esprit. Après une classe préparatoire littéraire en khâgne BL (avec des mathématiques et des SES à la place du latin et du grec), j'ai intégré l'ESSEC, où j'ai découvert les Sciences de gestion et le Droit. J'ai également eu la chance de passer un an au Sénégal, à la fois en stage à l'Ambassade de France et en entreprise — une expérience humaine et professionnelle fondatrice.

Mais j'avais aussi une vraie soif de réflexion théorique. J'ai donc poursuivi en parallèle un master puis un doctorat en économie et en Philosophie politique à la Sorbonne, en y ajoutant la Sociologie. Ce sont ces disciplines qui m'ont appris à comprendre la complexité du monde contemporain. J'ai ensuite découvert l'enseignement, d'abord à la Sorbonne, puis à l'ICP sur le campus de Reims, avant d'obtenir un poste de Maître de conférences en économie ici, à Rouen. »

Pourquoi avoir choisi de vous engager sur le campus de Rouen ?

« Ce qui m'a séduit, c'est la dynamique d'un campus jeune, en pleine croissance. Les défis qui l'accompagnent sont vraiment stimulants. Nous allons par exemple ouvrir un nouveau parcours de troisième année en Économie et Gestion à la prochaine rentrée, en plus du parcours Sciences politiques et Affaires internationales lancé l'an dernier. 

J'apprécie aussi beaucoup les effectifs à taille humaine. Tout le monde se connaît, il y a une vraie qualité de relation entre enseignants et étudiants — c'est précieux et rare.

Et puis, avec mon épouse et ma fille, nous avons décidé de nous installer à Rouen, que nous ne connaissions pas du tout. Nous ne le regrettons absolument pas. C'est, à mes yeux, la plus belle ville de France, avec ses maisons à colombages dans tout le centre-ville, un patrimoine remarquable, des services publics de qualité — et une qualité de vie incomparable par rapport à la région parisienne. »

Quels sont vos domaines de recherche ?

« Je travaille sur deux grands axes. En tant qu'économiste, je suis spécialiste de la monnaie, dans une approche institutionnaliste qui considère l'économie comme une véritable science sociale, en dialogue avec l'histoire, la sociologie, l'anthropologie, la philosophie ou encore le droit — plutôt que comme une discipline entièrement mathématisée.

Mes travaux portent sur l'histoire de la monnaie depuis la Mésopotamie antique, ses transformations successives, et sur la façon dont on pourrait repenser aujourd'hui les modalités de création monétaire. Avec mes coauteurs, nous défendons dans Le Pouvoir de la monnaie (Les Liens qui Libèrent, 2024) l'idée qu'un mode d'émission monétaire désencastré de la dette pourrait financer des projets indispensables à la transition écologique et sociale.

En Philosophie politique, je travaille sur les questions de justice sociale et sur les réformes institutionnelles qui permettraient de dépasser le capitalisme sans tomber dans un modèle bureaucratique et liberticide. Je défends un nouveau régime économique que j'appelle l'« équitéisme » : une économie de marché sans actionnariat, reposant sur une gouvernance collégiale des entreprises, accompagnée d'une réforme de la création monétaire et de l'héritage pour garantir une véritable égalité des chances. »

Publié le 12 mars 2026 Mis à jour le 12 mars 2026

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