Portrait

L'éducation familiale, un sujet de recherche encore peu étudié en France

La recherche autour de l’éducation familiale trouve progressivement sa place dans les sciences de l’éducation. L’arrivée de Myriam Kettani à la Faculté d’Éducation et de Formation de l'ICP en tant que Maître de conférences montre combien la faculté souhaite participer aux débats qui accompagnent l’évolution de la société.

Myriam Kettani

Psychologue clinicienne et docteur en psychologie du développement, Myriam Kettani mène des travaux sur le développement de l’enfant et l’éducation familiale en contexte de risque psychosocial. Après avoir travaillé au Québec comme professeur en psychoéducation, puis comme professeur de psychologie au Maroc, elle intègre la Faculté d’Éducation et de Formation en 2020, en tant que maître de conférences. Découvrez-en plus sur ses recherches !

L’éducation familiale est au cœur de vos travaux, thématique peu étudiée en Sciences de l’éducation alors qu’elle est la première éducation de l’enfant.
A votre avis, quelle en est la raison ? 

Mes recherches au Québec m’ont permis de constater combien la question de l’éducation au sein de la cellule familiale est encore peu étudiée en France par rapport au Canada ou encore la Belgique. Ces pays sont en avance sur la question notamment du père dans la famille. La recherche en éducation familiale est relativement récente. Les études systématiques des processus éducatifs qui ont lieu au sein de la famille ont commencé à prendre de l’ampleur seulement dans les années 70 aux États-Unis, puis dans les années 90 dans les pays latins, alors que le développement des travaux portant sur l’institution scolaire date de plus d’un siècle.

Cela correspond à l’évolution de la place de l’enfant qui est devenue centrale dans la famille et s’est accompagnée d’une vulgarisation des besoins psychologiques de l’enfant pour son développement à destination des parents. Jusqu’à présent, l’éducation de l’enfant dans le milieu familial était considérée comme informelle, alors que l’éducation dans le milieu scolaire a toujours suivi des méthodes.
Aujourd’hui, on observe un mouvement inverse : les parents suivent des procédés pour élever leurs enfants, alors qu’à l’école, on demande aux enseignants de s’adapter d’avantage aux besoins spécifiques de leurs élèves.
 

Comment ces recherches sur l’éducation familiale prennent place au sein de la Faculté d’Éducation et de Formation ?

La Faculté tend à développer ces sujets d'étude car c’est un thème d’actualité qui nourrit de nombreux débats et discussions.

Notre projet facultaire porte sur la Communauté Educative Inclusive. Dans cette communauté, il y a la famille. Je participe donc aux colloques et journées d’étude, ainsi qu’aux publications, liés au projet facultaire en apportant le point de vue de la famille. Dans notre Faculté, l’éducation familiale prend place et nous abordons les questions qui concernent les processus éducatifs intrafamiliaux sous différentes formes.
 

Quels exemples pouvez-vous nous donner ?

A mon arrivée à l'ICP, j’ai participé à la création de l’axe famille du pôle expérimentation et innovation du Centre d'Études et d'Innovation Communauté Éducative Inclusive (CEICEI).
Lors de la dernière rentrée doctorale, le professeur Jacques Arènes a donné une leçon doctorale autour de la famille et la question de l’autorité́, à laquelle j’ai répondu. La Faculté a également organisé une conférence sur le débat autour de l’éducation positive et le CEICEI, une table ronde sur la coéducation et les limites en éducation. Donner la place au débat autour de l’éducation familiale est pour notre Faculté une manière de s’engager publiquement sur ce sujet.

Nous avons maintenant pour projet de mettre en place un diplôme qui forme à l’accompagnement de la parentalité. 

 
Publié le 20 décembre 2023 Mis à jour le 21 décembre 2023

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