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Master Histoire de l'art et patrimoine chrétien : une formation unique en France

Maître de conférences en histoire de l'art médiéval et directrice du master Histoire de l'art et patrimoine chrétien à l'ICP, Élisabeth Ruchaud revient sur les enjeux d'une formation qui répond à une urgence culturelle et patrimoniale bien réelle : comment préserver et transmettre un héritage chrétien souvent méconnu ?

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Le master Histoire de l’art : Gestion et valorisation du patrimoine chrétien est une formation inédite dans le paysage universitaire français qui a pour vocation de former des futurs historiens de l’art capables d'appréhender dans toute sa complexité la conservation et la valorisation du patrimoine chrétien au fil de son histoire.
   
Entretien avec Élisabeth Ruchaud, maître de conférences en Histoire de l'art médiéval, spécialiste de l'image médiévale ainsi que de l'architecture chrétienne et directrice du master Histoire de l'art : Gestion et valorisation du patrimoine chrétien.

En quoi cette formation en histoire de l’art se différencie de celles dispensées dans les autres universités françaises ?

Une formation exclusive, dans un lieu légitime

Dans les universités publiques ou privées, il existe en effet déjà beaucoup d’offres de formation en Histoire de l’art et patrimoine, toutefois il n'existe aucune formation qui vous permet de vous spécialiser dans le patrimoine chrétien. Avec la création du master Histoire de l’art : Gestion et valorisation du patrimoine chrétien, l’idée est de permettre aux étudiants :
  • de s’ouvrir à la compréhension du patrimoine chrétien et à sa conservation,
  • d’acquérir les compétences nécessaires pour en appréhender les multiples facettes et ce, dans un lieu légitime qu’est l’ICP.

À la croisée des connaissances

L'ICP est le seul établissement universitaire à réunir à la fois une Faculté des Lettres et un département d'histoire de l'art, au sein desquels sont regroupés les enseignants, ainsi qu'une Faculté de Théologie. Ce regroupement unique en France permet de proposer un cursus exclusif mêlant des enseignements profanes (histoire de l’art, droit du patrimoine, muséologie…) et des enseignements sacrés (théologie, philosophie religieuse, liturgie…).
   
La formation permet ainsi aux étudiants de comprendre le patrimoine chrétien dans sa globalité en combinant histoire de l'art, droit du patrimoine, liturgie et théologie dans un même cursus. 

Le patrimoine chrétien est-il en danger ?

L’incendie de la cathédrale de Notre-Dame de Paris : un événement majeur

Ces dernières années, le patrimoine chrétien a occupé une place centrale dans l'actualité, notamment en 2019 avec l'incendie tragique de la cathédrale Notre-Dame à Paris. Cet événement a  remis en lumière l'état de ce patrimoine. Cela a aussi mis en exergue les difficultés rencontrées par les collectivités territoriales pour la restauration ou la préservation des églises communales qui sont autant de témoins de l’Histoire.
  
Leur perte ou destruction sont en quelque sorte la perte d’archives précieuses ! Comme le dit l’adage : « Il faut connaître le passé, pour comprendre le présent et préparer l’avenir ».

Une urgence portée par le domaine public

Par ailleurs, en septembre 2023, le président de la République Emmanuel Macron, a annoncé que le patrimoine chrétien était un patrimoine en danger et qu’il lançait une grande campagne de levées de fonds, via la Fondation du Patrimoine, pour la préservation de ce patrimoine et de ces églises. La formation répond ainsi à une urgence reconnue tant par les autorités que par le grand public. Malgré cet intérêt croissant, ce patrimoine reste largement méconnu dans ses spécificités : c'est précisément le vide que vient combler cette formation.

Pourquoi est-ce important de conserver et de valoriser le patrimoine chrétien ?

Archives et témoignages du passé

On sait qu'il y a de moins en moins de pratiquants et le but n'est pas de conserver seulement des églises qui ont encore une pratique spirituelle et liturgique. Il est important de préserver le patrimoine chrétien qui dépend également des collectivités territoriales ou des monuments historiques comme des jalons de notre histoire. Ces bâtiments sont des témoins du passé, d'une architecture, d'une évolution et d'une réflexion. Pour connaître et comprendre une période historique, il faut donc pouvoir avoir accès aux archives et à la matière nécessaire à sa compréhension.
   
Quand on parle de patrimoine chrétien, il ne s’agit pas exclusivement du bâti, c’est aussi tout le patrimoine immobilier, les objets liturgiques encore employés aujourd’hui, mais aussi ceux tombés en désuétude, qui ont été créés et utilisés à des périodes précises.
Il s’agit d’appréhender un héritage historique complexe avec clairvoyance.
 

Il n’est pas question ici de prosélytisme, de redonner ou de restaurer pour l'Église, mais d’appréhender historiquement ces objets, ces bâtiments, ces peintures et ces œuvres dans leur contexte de création. Cela implique donc de comprendre ce qu’est par exemple la liturgie au XIIIe, au XVIIIe ou au XXe siècle ; c’est aussi s’intéresser à la philosophie, celle qui nous a été transmise par les théologiens, etc. S’immerger dans toutes ces connaissances, c’est aussi se donner la chance de pouvoir travailler sur des bâtiments ou des archives historiques encore trop méconnus.


À qui s’adresse le master Histoire de l’art : Gestion et valorisation du patrimoine chrétien ?

Une formation ouverte à des étudiants aux profils variés

Ce master s’adresse bien entendu à des étudiants ayant obtenu la licence Histoire de l’art et archéologie de l'ICP ou d'autres universités, à des diplômés de l’École du Louvre, mais pas seulement !
  
Elle est aussi ouverte aux étudiants d’autres licences en sciences humaines et sociales, comme la licence Humanités de l’ICP, qui ont déjà donc un bagage en théologie et en philosophie ; ou encore à des étudiants ayant un titre reconnu équivalent 180 ECTS avec une appétence pour les disciplines historiques et un projet en lien avec le thème principal du cursus. Des étudiants diplômés d’une licence de Droit peuvent également postuler, car le programme comprend des enseignements en droit, appliqués à la gestion et à la valorisation du patrimoine.

Avoir une appétence pour les enseignements transversaux

Pour réussir le master Histoire de l’art : Gestion et valorisation du patrimoine chrétien, il faut être curieux ! Curieux de ce qu’est le droit, et particulièrement le droit patrimonial, curieux de l’histoire et des sciences humaines :
  • En première année, les enseignements se concentrent principalement sur l’acquisition d’un socle de connaissances essentielles en droit, histoire de l'art, philosophie et théologie.
  • La seconde année se veut plus spécifique, notamment via des séminaires réunissant des spécialistes de différents horizons.
  • La rédaction d'un mémoire de recherche reste au cœur de ces deux années de formation.
Nicolas, étudiant en première année de master nous explique : « Le master répond parfaitement à mes attentes : pouvoir étudier l’art chrétien et les édifices à travers différentes disciplines comme l’histoire de l’art, la théologie, la philosophie, le droit ou encore l’archéologie et la conservation. C’est un enseignement dense qui demande un important investissement, mais c’est passionnant !  »
Découvrez le portrait de Nicolas
 





Quels sont les débouchés pour les diplômés de ce master ?

Le domaine de l'art et de la culture offre de nombreuses opportunités professionnelles, de la conservation de musée à la médiation culturelle. Mais ce master ouvre des portes qu'une formation classique en histoire de l'art ne permet pas d'atteindre : grâce à sa double compétence en histoire de l'art et en connaissance du fait religieux, les diplômés sont les seuls à pouvoir intervenir avec légitimité sur des collections liturgiques, des édifices cultuels ou des fonds d'archives ecclésiastiques encore largement inexploités.

Cette singularité se traduit concrètement dans les métiers accessibles :

  • Recherche et enseignement : doctorat, carrière d'enseignant-chercheur ou de chercheur dans le secteur public ou privé.
  • Carrières publiques : conservateurs, attachés de conservation, chargés d'études ou documentalistes au sein de la fonction publique d'État ou des collectivités territoriales, ainsi que les métiers liés à l'archéologie.
  • Médiation et valorisation : médiateur culturel, guide-conférencier, chargé des publics, chef de projet culturel.
  • Gestion du patrimoine : chargé de collections, chargé de mission pour l'étude historique et le diagnostic du patrimoine.
  • Financement de la culture : métiers du mécénat, montage de dossiers de financement pour la restauration du patrimoine religieux.
Publié le 12 avril 2024 Mis à jour le 3 juin 2026

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