Cours public

PH502 PHILOSOPHIE ET LITTERATURE

PH502 PHILOSOPHIE ET LITTERATURE

Ruines romantiques

Tarifs

Date d'inscription

Début : 01/07/2026
Fin : 30/09/2026

Séance(s) formation

Début de cours : 17/09/2026
  • Jeudi de 14h00 à 16h00

Modalités

En présentiel en journée
Durée : 24 h
Hebdomadaire

Type de cours

Cours Magistral

Crédit pour validant

5

Langue d'enseignement

Français

Faculté ou Institut de rattachement

Descriptif

Du Machu Picchu aux dead malls en passant par le jardin d’Ermenonville ou par la ville de Marioupol rasée par les bombes, les ruines, fraîches et ancestrales, ponctuent les voyages extraordinaires au bout du monde, les flâneries du quotidien et les récits de guerre. D’une manière ou d’une autre, elles suscitent un intérêt. Or un tel intérêt a ceci de saisissant qu’il introduit toute réflexion sur les ruines dans l’orbe de la subjectivité. Une ruine n’est pas l’état objectif d’une chose (on le mesure à l’absurdité de la question de savoir à partir de quand un édifice est devenu une ruine : dès son édification, lorsqu’il perd sa fonction initiale et utilitaire, lorsqu’il n’est plus entretenu, etc. ? — ce qui conduit à un débat sans fin et peu informatif, sauf sur les critères d’un décret de la subjectivité), mais elle désigne une expérience subjective relativement commune que l’on peut comprendre et analyser par le retentissement psychologique et sentimental du spectacle de la corruption des productions humaines, sous toutes ses formes. Plus que l’architecture, l’histoire ou la sociologie vers lesquelles nous serions donc trop rapidement tentés de porter notre attention, la littérature, art de l’expression de l’intériorité par excellence, et plus particulièrement la littérature romantique, fournit le terrain d’une enquête sur l’expérience des ruines. Se découvre alors la transitivité de la ruine : en devenant un objet littéraire privilégié dans le Romantisme, la ruine qualifie aussi l’opération caractéristique d’un discours littéraire qui se déploie contre les édifications philosophiques classiques. La passion romantique des ruines retranscrite dans la forme de l’écriture est solidairement une action de ruine des formes de l’écriture. Aux belles totalités, aux prétentions à l’objectivité et à l’universalité, aux fantasmes de la plénitude de l’être, la littérature romantique oppose une ruine de ces élaborations à travers le fragment et l’ironie. Si la ruine d’une chose apparaît à une conscience comme un reliquat, comme ce qu’elle n’est plus (ouvrant par là la possibilité de la divagation), elle est aussi l’opération d’une subjectivité qui fait sauter les cloisons entre littérature et philosophie et entre narration et conceptualisation. Motif de rêverie ou de désolation, la ruine devient l’élément d’une thèse philosophique radicale qui n’est autre que la ruine du genre philosophique, ou, pour le dire autrement, de l’absolutisation de la littérature. Le fond de l’écriture en est devenu la forme. Ainsi le séminaire posera-t-il la question suivante : comment les récits romantiques qui accompagnent le spectacle des ruines se constituent-ils en ruines du discours philosophique et de ses catégories classiques ?
Bibliographie indicative : Chateaubriand, Génie du christianisme ; René / Novalis, Hymnes à la nuit ; La Chrétienté ou l’Europe / Wackenroder, Écrits sur l’art et la religion / Burke, Recherche philosophique sur l’origine de nos idées du sublime et du beau / Nancy et Lacoue-Labarthe, L’Absolu littéraire.

Thème

Philosophie
Littérature

Enseignant(s)

  • PIERRE-ALBAN GUTKIN-GUINFOLLEAU
    Agrégé de philosophie, docteur en philosophie (ENS-Ulm), Ancien boursier de la Fondation Thiers , maître de conférences (Métaphysique, philosophie morale, philosophie classique, philosophie générale).

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