Le 7 septembre 2026, le frère François Cassingena-Trévedy est intervenu lors de la session de rentrée de l’Institut Supérieur de Liturgie (ISL). Nourrie par la recherche universitaire, quarante années de liturgie monastique et son expérience pastorale en milieu rural, sa réflexion interroge ce qui fait la justesse d’une célébration. Retrouvez ci-dessous le texte de son intervention, intitulée « De l’art de célébrer ».
Un regard nourri par la recherche et l’expérience
Pour commencer, je tiens à redire aux étudiants de l’ISL quelle chance ils ont d’entamer ce parcours, avec la longue tradition universitaire qu’il a derrière lui, avec ses exigences, surtout dans un contexte ecclésial où les faux oracles et les fausses autorités pullulent en matière de liturgie. Attention à tout ce qui se lit et se dit sur les réseaux sociaux, à tout ce que prônent les « influenceurs » sans compétence ni connaissances véritables. Mes petits enfants, gardez-vous des idoles ! (1 Jn 5).
Le « site » depuis lequel je parle est triple :
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La recherche universitaire à l’ICP, principalement autour de l’héritage patristique, et portée par la connaissance directe des langues anciennes (formation à l’ENS Ulm)
Les Pères de l’Église et la liturgie. Un esprit, une expérience. De Constantin à Justinien, Artège, 2009
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L’expérience de la liturgie monastique claustrale pendant quarante ans
La liturgie, art et métier, Ad Solem, Genève, 2007 ; traduction italienne : La liturgia, arte e mestiere, Bose, Edizioni Qiqajon, 2011
Te igitur. Autour du Missel de S. Pie V, Ad Solem, Genève, 2007
La Parole en son royaume : une approche théologique de la Liturgie de la Parole, Paris, Ad Solem, 2013
Chante et marche. Les Introïts (vol. 3 – Temps Ordinaire, VII – Christ-Roi), Paris, Ad Solem, 2014.
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ma condition présente de moine-ouvrier agricole dans la ruralité ultra-profonde où j’assure maints services paroissiaux et sacramentels
Paysan de Dieu, Albin Michel, 2024
Célébrer dans la pauvreté des moyens
L’ordonnance de la liturgie monastique : je fus cérémoniaire et maître de chœur.
Le « décapage » par la liturgie paroissiale en ruralité profonde : l’exemple de la messe à Peyrusse, un petit village proche du mien, où il n’y avait ni hosties, ni vin, ni livres ; la célébration des mariages, des baptêmes et des enterrements. La pauvreté du répertoire musical, la difficulté du langage sacramentel er rituel ; la difficulté des textes scripturaires ; l’état des vases et des vêtements liturgiques. Le fossé qui sépare la liturgie parisienne de la liturgie provinciale. Envie de reprendre le cri d’un saint François Xavier aux universitaires de son temps. Que devient un art de célébrer dans un contexte de grande pauvreté liturgique ?
Aux sources bibliques de la célébration
Une lectio divina préalable à partir de quatre textes du Nouveau Testament
Mc 14, 12-16
12 Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l’on immolait l’agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? »
13 Il envoie deux de ses disciples en leur disant : « Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre. Suivez-le,
14 et là où il entrera, dites au propriétaire : “Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?”
15 Il vous indiquera, à l’étage, une grande pièce aménagée et prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. »
16 Les disciples partirent, allèrent à la ville ; ils trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque.
Mt 14, 14-20
14 En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades.
15 Le soir venu, les disciples s’approchèrent et lui dirent : « L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée. Renvoie donc la foule : qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! »
16 Mais Jésus leur dit : « Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
17 Alors ils lui disent : « Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. »
18 Jésus dit : « Apportez-les moi. »
19 Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule.
20 Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait douze paniers pleins.
Mt 18, 20
19 Et pareillement, amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux.
20 En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »
Lc 10, 38-42
38 Chemin faisant, Jésus entra dans un village. Une femme nommée Marthe le reçut.
39 Elle avait une sœur appelée Marie qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.
40 Quant à Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m’aider. »
41 Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses.
42 Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »
Ce que les Évangiles nous apprennent pour célébrer
Il est indispensable de revenir à la source et au principe. Il y a là tout ensemble un lieu théologique et un lieu cérémoniel. Récoltons les indications fondamentales qui nous sont suggérées par ces textes, relativement à un « art de célébrer », dans la mesure où elles évoquent une célébration à la fois originelle et une matrice de toute célébration en Église :
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Centralité de la Pâques
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Mobilisation des disciples : Allez à la ville… Donnez-leur vous-même à manger…
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La pauvreté : cinq pains et deux poissons : avec rien, faire quelque chose ; avec ce quelque chose, le Seigneur fait tout.
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Le fait d’être locataire et non pas propriétaire : où est la salle où je pourrai manger ? Nous sommes toujours entre le Maître et le propriétaire séculier.
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Les préparatifs : toute célébration se prépare.
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Le lieu : un lieu pour le Seigneur ; l’herbe ou la salle
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Le « confort » et le repos : Faites-les assoir… Marie aussi est assise.
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L’espace : il vous indiquera une grande pièce… Comment faire de l’espace, même dans l’exigu ?
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Le nombre : la foule ou deux ou trois ; une célébration à géométrie variable
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Agitation de sacristie ou simplicité du menu : une seule chose et nécessaire…
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La Parole et le Pain
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Le silence : elle écoutait…
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La Présence : Je suis là, au milieu d’eux.
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La surabondance, malgré tout.
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La compassion
La simplicité au cœur de la réforme liturgique
La règle d’or de la réforme liturgique : Sacrosanctum concilium, 34
Les rites manifesteront une noble simplicité, seront d’une brièveté remarquable et éviteront les répétitions inutiles ; ils seront adaptés à la capacité de compréhension des fidèles et, en général, il n’y aura pas besoin de nombreuses explications pour les comprendre.
Relire la PGMR
Relire le pape François, Desiderio desideravi :
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La redécouverte continuelle de la beauté de la liturgie n’est pas la poursuite d’un esthétisme rituel qui ne prend plaisir qu’à soigner la formalité extérieure d’un rite ou se satisfait d’une scrupuleuse observance des rubriques. Il va de soi que cette affirmation ne vise nullement à approuver l’attitude opposée qui confond la simplicité avec une banalité débraillée, l’essentialité avec une superficialité ignorante, ou le caractère concret de l’action rituelle avec un fonctionnalisme pratique exaspérant.
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Soyons clairs : tous les aspects de la célébration doivent être soignés (espace, temps, gestes, paroles, objets, vêtements, chant, musique, ...) et toutes les rubriques doivent être respectées : une telle attention suffirait à ne pas priver l’assemblée de ce qui lui est dû, c’est-à-dire le mystère pascal célébré selon le rituel établi par l’Église. Mais même si la qualité et le bon déroulement de la célébration étaient garantis, cela ne suffirait pas pour que notre participation soit pleine et entière.
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L’ars celebrandi, l’art de célébrer, est certainement l’une des façons de prendre soin des symboles de la liturgie et de croître dans une compréhension vitale de ceux-ci. Cette expression est également sujette à différentes interprétations. Son sens devient clair si elle est comprise en référence au sens théologique de la Liturgie décrit dans Sacrosanctum Concilium au n° 7 et auquel j’ai déjà fait référence à plusieurs reprises. L’ars celebrandi ne peut être réduit à la simple observation d’un système de rubriques, et il faut encore moins le considérer comme une créativité de l’imagination – parfois sauvage – sans règles. Le rite est en soi une norme, et la norme n’est jamais une fin en soi, mais elle est toujours au service d’une réalité supérieure qu’elle entend protéger.
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Comme dans tout art, l’ars celebrandi requiert différents types de connaissances.
Tout d’abord, il faut comprendre le dynamisme qui se déploie à travers la liturgie. L’action de la célébration est le lieu où, par le biais du mémorial, le mystère pascal est rendu présent afin que les baptisés, par leur participation, puissent en faire l’expérience dans leur propre vie. Sans cette compréhension, la célébration tombe facilement dans le souci de ce qui est extérieur (plus ou moins raffiné) ou dans le souci des seules rubriques (plus ou moins rigides).
Ensuite, il est nécessaire de savoir comment l’Esprit Saint agit dans chaque célébration. L’art de célébrer doit être en harmonie avec l’action de l’Esprit. C’est seulement ainsi qu’il sera libre des subjectivismes qui sont le fruit de la domination des goûts individuels. Ce n’est qu’ainsi qu’il sera libre de l’invasion d’éléments culturels assumés sans discernement et qui n’ont rien à voir avec une compréhension correcte de l’inculturation.
Enfin, il est nécessaire de comprendre la dynamique du langage symbolique, sa nature particulière, son efficacité.
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Avec ces brèves indications, il devrait être clair que l’art de la célébration ne s’improvise pas. Comme tout art, il exige une application constante. Pour un artisan, la technique suffit. Mais pour un artiste, en plus des connaissances techniques, il faut aussi de l’inspiration, qui est une forme positive de possession. Le véritable artiste ne possède pas un art, mais il est possédé par lui. On n’apprend pas l’art de célébrer en fréquentant un cours d’art oratoire ou de techniques de communication persuasives. (Je ne juge pas les intentions, je ne fais qu’observer les effets). Tout outil peut être utile, mais il doit être au service de la nature de la liturgie et de l’action de l’Esprit Saint. Il faut un engagement soutenu dans la célébration, permettant à la célébration elle-même de nous transmettre son art. Guardini écrit : « Nous devons comprendre à quel point nous nous sommes profondément enlisés dans l’individualisme et le subjectivisme ; à quel point nous nous sommes maintenant affaiblis et combien étroite est devenue la dimension de notre vie religieuse. L’ardent désir de cultiver un grand style de prière doit à nouveau s’éveiller ; la volonté d’essentialité doit aussi revivre dans la prière. La voie à suivre pour y arriver est celle de la discipline ; du renoncement aux satisfactions faciles et sans effort ; du travail rigoureux, accompli dans l’obéissance à l’Église, pour notre conduite et notre être religieux » [15]. C’est ainsi que l’on apprend l’art de célébrer.
Interpréter les rites, comprendre ce que l’on célèbre
Les rituels ne sont pas des modes d’emploi, mais des partitions quasi « musicales » ; là où il y a partition, il y a nécessairement interprétation (laquelle ne saurait se confondre avec l’improvisation). Là où il y a interprétation, il y a art possible. Possible, parce que tous les interprètes ne sont pas forcément des artistes. Mais cet art reste nécessaire et vital, pour une finalité qui dépasse largement la simple performance de la célébration.
L’art de célébrer nécessite que l’on soit d’abord au clair sur le fait qu’il s’agir de célébrer, verbe clef de l’héritage de la réforme liturgique de Vatican II et de son esprit. L’on ne parle pas de « cérémonies », mais ce « célébration ». Le verbe célébrer comporte :
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Une dimension communautaire
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une dimension honorifique (au sens de faire honneur à)
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une dimension mémorielle
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une dimension festive
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une dimension eucharistique
Avoir un souci d’exactitude et se demander : qu’est-ce que je célèbre, ou plutôt qu’est-ce que nous « concélébrons » ensemble ? Une messe dominicale ? Un baptême ? Des funérailles ?
Composer avec la réalité de chaque communauté
Avant même toute dimension esthétique, et conditionnant l’apparition de celle-ci, l’art postule une capacité « artisanale » de faire avec un matériau donné ; une certaine capacité d’adaptation et d’adéquation au réel. L’art de célébrer n’a rien à voir avec l’esthétisme. C’est d’abord et par-dessus tout une certaine capacité de composer habilement (au sens le plus profond du terme) avec plusieurs paramètres essentiels à l’action liturgique, mais dont la structure et l’aspect phénoménal peuvent varier à l’extrême.
C’est pourquoi j’oserais dire que l’art de célébrer tient aussi, et sans doute de plus en plus, compte tenu du contexte actuel, de la débrouillardise. Un art éminemment pratique, pragmatique même, mais qui nécessite beaucoup de réserve intérieure, quant à la connaissance savoureuse des Écritures, quant à la connaissance de la vraie et grande tradition liturgique, quant à la contexture humaine, sociale, religieuse du Peuple de Dieu représenté par une parcelle qui représente le tout. Un art qui nécessite beaucoup d’amour, car l’on ne saurait célébrer dignement si l’on ne conçoit pas d’affection pour les « concélébrants » dont on est entouré.
Les dimensions concrètes de l’art de célébrer
J’énumérerai simplement ici, à l’expérience surtout, quelques paramètres, quelques dimensions essentielles de la liturgie que touche l’art de célébrer.
L’assemblée : l’art de faire corps : passer de « l’assistance » à l’assemblée
Aussi bien, frères, considérez votre appel : il n’y a pas beaucoup de sages selon la chair, pas beaucoup de puissants, pas beaucoup de gens bien nés. Mais ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort ; ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l’on méprise, voilà ce que Dieu a choisi ; ce qui n’est pas, pour réduire à rien ce qui est, afin qu’aucune chair n’aille se glorifier devant Dieu. Car c’est par Lui que vous êtes dans le Christ Jésus qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification et rédemption, afin que, comme il est écrit, celui qui se glorifie, qu’il se glorifie dans le Seigneur (1 Co 1, 26-31)
Le génie du lieu
L’emploi du temps
Présence et présidence ; présence d’Esprit.
Le président ne doit pas confisquer l’attention sur lui-même. La qualité de la célébration dépend de la qualité de sa présence
Parole, silence et chant
Veiller à la qualité du répertoire chanté. Mieux vaut une messe silencieuse qu’une messe saturée de chants sans véritable valeur musicale.
Gestuelle :
la célébration ne peut avoir de dimension contemplative que si elle est pleinement un acte : une action simple, chargée de peu de matière…
Revaloriser la communion dans la main, qui est le geste le plus esthétique et le plus traditionnel !
Discernement et bon goût.
Le bon goût n’est pas une affaire d’élitisme : l’on peut célébrer avec bon goût, même dans la pauvreté de moyen. Pas d’élitisme, mais pas de vulgarité non plus. Tu nous a estimés dignes de nous tenir devant toi pour te servir (PE II). La célébration n’est pas un acte cérébral, ni magique, ni automatique, ni folklorique, ni théâtral : c’est un acte physique qui s’arc-boute à la fois sur la réalité du Peuple de Dieu et sur le vif de la Parole de Dieu.
Toute célébration liturgique devait se tenir sur un point exact entre deux axes : l’axe vertical du Mystère de la foi, et l’axe horizontal du Peuple de Dieu (envisagé dans sa texture concrète).
L’acte de célébrer est en effet un acte théologal et un acte pastoral.
L’art de célébrer, un art d’aimer
L’art de célébrer ne relève pas de l’esthétisme, mais de la « charité pastorale » mise en relief par la théologie du ministère dans le concile Vatican II (Presbyterorum ordinis, 15)
En définitive, l’art de célébrer est un art d’aimer :
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Aimer Celui que l’on célèbre
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Aimer ceux pour qui et avec qui l’on célèbre
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Aimer le matériau rituel, textuel, avec lequel on célèbre, en le recevant de la Tradition vivante.
J’aurais beau avoir la plus belle église, la meilleure chorale, les plus beaux ornements… si je n’ai pas la charité, cela ne me sert de rien.
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