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Séminaire | Søren Kierkegaard "Au miroir de la parole : lectures kierkegaardiennes de la Bible"

Cet événement organisé depuis plusieurs années à la Faculté de Philosophie reprend ses activités avec une série de trois séances de mars à juin 2026.

Johan Thomas Lundbye (1818–1848) - Vinderød kirke ved Frederiksværk, vers 1840- Huile sur toile - Œuvre du domaine public

Un séminaire comme travail collectif et interdisciplinaire

Ce séminaire est co-organisé par Émeline Durand, Université de Bourgogne et Pierre-Alban Gutkin-Guinfolleau, Faculté de Philosophie, ICP ; en partenariat avec la Société Søren Kierkegaard.
 

Il entend ainsi poursuivre un travail interprétatif entamé en 2018 avec le colloque « Kierkegaard : les discours édifiants », qui a trouvé un premier prolongement en 2022-2023 dans le cadre du séminaire « Kierkegaard et saint Augustin ».
 
Conscients d’aborder un continent immense et encore mal connu, les organisateurs concevront les réunions régulières du séminaire comme autant de séances de travail, destinées à mettre en commun les ressources que procureront aux participants leurs manières singulières de lire, ainsi que les apports dus aux méthodes d’autres disciplines, comme l’exégèse et la philologie bibliques.

3 jeudis de 18h à 20h

  • Jeudi 26 mars 2026 : 
    « Écrire avec les Écritures : les pratiques différenciées de l’allusion et de la citation chez Climacus et Anti-Climacus »
    Marie-Caroline de Marliave - Faculté de Théologie, ICP
     
  • Jeudi 30 avril 2026 :
    « Lectures kierkegaardiennes de la Genèse »
    Armande Delage - Université de Lille
     
  • Jeudi 18 juin 2026
    « Kierkegaard et la vertu biblique de patience »
    Emmanuel Housset - Université Caen Normandie


La place énigmatique de la Bible dans l’œuvre de Kierkegaard

Omniprésente dans le corpus kierkegaardien, la référence à la Bible n’en est pas moins mystérieuse, tant le rapport au texte biblique et à son interprétation varie d’une œuvre à l’autre, sans paraître, à première vue, structuré par les apports d’une exégèse scientifique ou par la constance de principes herméneutiques.
 
Comment toutefois comprendre la méditation des pseudonymes esthéticiens sur les figures d’Abraham et de Job, l’importance que «l’auteur édifiant » accorde à l’épître de Jacques, ou encore la christologie d’Anti-Climacus, sans revenir aux sources théologiques et spirituelles qui ont influencé la connaissance kierkegaardienne de la Bible ?
 
Comment suivre Kierkegaard dans sa proposition de nous comprendre nous-même au miroir de la parole, ce qui est le cœur de la production édifiante, sans dégager au préalable les conditions de possibilité d’une appropriation du texte biblique par la lecture ? Comment, en un mot, saisir l’intention religieuse qui commande à l’ensemble de l’œuvre kierkegaardienne sans montrer comment celle-ci se rapporte à la parole de Dieu ?

Lire Kierkegaard comme écoute et réponse à la parole de Dieu

S’approcher du texte kierkegaardien comme écoute et réponse à la parole de Dieu, telle fut bien la démarche de grands interprètes comme Nelly Viallaneix (Écoute, Kierkegaard, 1979) et Henri-Bernard Vergote (Sens et Répétition, 1982), ainsi que des traducteurs et commentateurs qui, de Paul-Henri Tisseau à Jacques Colette et Flemming Fleinert-Jensen, se sont attachés à faire entendre dans l’œuvre de Kierkegaard la juste tonalité de la voix biblique.
 
Dans la recherche anglophone, on doit à Lee C. Barrett et Jon Stewart une étude systématique et historiquement informée des figures et lieux bibliques cités et commentés par Kierkegaard, qui offre un précieux repérage des gestes interprétatifs souvent implicites dont il est coutumier (Kierkegaard and the Bible, 2010).
 

Orientation et méthode de la recherche proposée

Prenant la suite de ces travaux, nos recherches se proposent de lire Kierkegaard comme il aura peut-être voulu se lire lui-même, au miroir de la parole. Centrée sur les textes et la façon dont le discours kierkegaardien se nourrit de la Bible plus qu’il ne la commente, notre approche s’attachera à poser la question des rapports entre philosophie, prédication et exégèse au sein du genre kierkegaardien du discours, mais aussi à élucider le rôle de l’herméneutique biblique dans l’œuvre pseudonyme.

 
 

Publié le 8 janvier 2026 Mis à jour le 15 janvier 2026

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