Les 2 et 12 juin 2026, l'Institut Catholique de Paris a célébré les
diplômés de la promotion 2025 de la
Faculté de Théologie et de
l'Institut Supérieur de Sciences Religieuses (IER). Deux cérémonies, deux temps forts, mais une même volonté :
mettre à l'honneur des femmes et des hommes qui ont choisi d'approfondir leur intelligence de la foi et de s'engager dans un parcours universitaire exigeant.
Au-delà de la remise des diplômes, ces rencontres ont révélé une réalité plus profonde :
aujourd'hui, la théologie attire des profils variés, venus d'horizons professionnels, culturels et ecclésiaux très différents. Tous partagent pourtant une même conviction :
la théologie n'apporte pas seulement des connaissances, elle transforme le regard porté sur le monde.
Deux cérémonies pour une même communauté
Le 2 juin, après la célébration des vêpres,
les diplômés des différents parcours de l'IER et de la Faculté de Théologie ont reçu leur diplôme entourés de leurs proches, des enseignants et des équipes de l'ICP.
Dix jours plus tard, le 12 juin,
les diplômés des licences canoniques et des masters ont été célébrés lors de la cérémonie des masters de l'ICP, réunissant plusieurs facultés de l'université.
Ces deux événements ont marqué l'aboutissement de plusieurs années d'études, mais surtout le début d'un nouveau chemin pour chacun des diplômés.
Pourquoi choisit-on d'étudier la théologie aujourd'hui ?
Les témoignages recueillis lors des cérémonies racontent des parcours qui illustrent une grande diversité de profils.
- Certains débutent un parcours universitaire en théologie.
- D'autres reprennent un cursus après plusieurs décennies de vie professionnelle.
- Certains sont engagés dans la vie religieuse.
- D'autres viennent de l'entreprise, de secteurs professionnels d'horizons différents ou encore de l'enseignement.
Tous témoignent pourtant d'une même quête :
comprendre davantage, dialoguer avec le monde contemporain et laisser la théologie éclairer leur manière de vivre, de penser et d'agir.
Une école de la liberté intellectuelle
Pour Stergios Galaitsis,
ancien ingénieur en informatique et de confession orthodoxe, l'entrée à la Faculté de Théologie a marqué le début d'une véritable redécouverte de la foi. Après une première carrière professionnelle et plusieurs années passées en Grèce, il a découvert à l'ICP une discipline bien différente de l'image qu'il pouvait en avoir.
«
Je viens d'un monde qui n'a rien à voir avec la théologie. J'ai fait toute une carrière dans le secteur de l'informatique (...) J'ai découvert que la théologie, ce n'est pas un catalogue de dogmes (...). C'est l'effort fait par l'homme pour exprimer sa foi sous les ressources de la raison. »
— Stergios Galaitsis, Diplômé du
diplôme universitaire d'études théologiques
Au fil des cours, une autre évidence s'impose à lui : si les grandes questions demeurent, chaque époque est appelée à les reformuler avec son propre langage.
Pour lui, la théologie n'est donc jamais figée ; elle demeure un dialogue permanent entre la tradition chrétienne et les défis du monde contemporain.
Apprendre à chercher plutôt qu'à posséder les réponses
Pour Sœur Marie Lepinal, diplômée de la licence canonique en théologie, spécialisation en théologie morale et spirituelle et porte-parole de la promotion 2025, ces années d'études ont constitué un véritable chemin de transformation intérieure.
Elle raconte avoir découvert «
une Église aux multiples visages, ouverte au monde et à ses défis », tandis que la théologie morale lui a permis
d'affiner son discernement sur les blessures, les fragilités mais aussi les potentialités de chaque personne.
Au terme de son parcours, ce ne sont pas des réponses définitives qu'elle retient.
«
Elles m'ont appris à mieux interroger, à mieux écouter, à habiter l'incertitude sans en avoir peur et à comprendre l'autre dans sa complexité et sa singularité. (...) Le défi qui se présente à moi maintenant est de garder vivante cette posture de recherche, rester éveillée aux multiples interpellations de la réalité, demeurer en dialogue avec le monde d'aujourd'hui.»
— Sœur Marie Lepinal, diplômée de la
licence canonique en théologie morale
Son témoignage illustre une idée qui traverse l'ensemble des interventions :
la théologie est moins une accumulation de certitudes qu'un apprentissage du discernement et de l'écoute.
Une communauté qui transforme, autant que les enseignements
Au fil des témoignages, un même atout revient avec force : les rencontres.
L'ICP accueille des étudiants de tous âges, de toutes cultures, de toutes vocations et de différentes traditions chrétiennes. Cette diversité devient elle-même une richesse pédagogique.
L'ancien ingénieur en informatique souligne que les échanges avec les enseignants, les séminaristes, les étudiants et l'ensemble des équipes de l'université ont profondément marqué son parcours.
«
Cette dimension humaine, je ne l'avais pas du tout anticipée. Elle compte autant, si ce n'est davantage, que les cours.
(...) L'ICP est un milieu cosmopolite, qui réunit des personnes de tous milieux, de tous âges et d'Églises différentes. »
— Stergios Galaitsis, Diplômé du
diplôme universitaire d'études théologiques
Au-delà des enseignements, c'est une véritable communauté d'étude qui se construit, où les parcours personnels deviennent une richesse partagée.
Une formation interdisciplinaire
Les études de théologie dialoguent naturellement avec l'histoire, la philosophie, les sciences sociales, l'anthropologie ou encore l'histoire de l'art.
Chiara Lomonaco, diplômée de la Licence Humanités - Théologie, Philosophie et Anthropologies contemporaines, raconte combien cette pluridisciplinarité a nourri sa réflexion.
Après cette formation, aujourd'hui engagée dans un master en sciences sociales, elle mesure combien son passage à l'ICP continue d'influencer son regard.
«
Cette formation m'a appris ce que j'aimais : croiser les regards, passer par différents chemins pour comprendre un phénomène complexe. (...) Je repars de cette licence avec une façon de voir, de questionner et de ressentir le monde. »
— Chiara Lomonaco, diplômée de la
Licence Humanités - Théologie, Philosophie et Anthropologies contemporaines
Elle explique que cette expérience lui a donné le goût de «
chercher, comprendre et transmettre »,
des compétences qui continuent aujourd'hui de guider son parcours.
Une école intellectuelle au service de la foi
Pour Philippe Petit-Jean, diplômé du baccalauréat canonique de théologie en cours en soirée, huit années d'études auront profondément
changé sa manière de lire, de réfléchir et de dialoguer avec les textes.
Au fil de son parcours, il a découvert que la théologie est une discipline exigeante qui apprend à penser avec rigueur tout en laissant une place au mystère.
«
Le Cycle C n'est pas à son premier degré une école de foi, mais d'abord une école intellectuelle mise au service de la foi. (...) J'ai découvert que je ne savais pas lire. Je ne savais pas lire la Bible, certes, mais je ne savais pas lire un texte non plus.
(...) Le Cycle C m'a appris à me battre, mais surtout à admirer. »
— Philippe Petit-Jean, diplômé du baccalauréat canonique de théologie en cours en soirée
Pour lui,
cette démarche intellectuelle participe pleinement à une vie spirituelle plus unifiée, où l'étude nourrit la foi autant que la foi nourrit la réflexion.
Une théologie vivante, tournée vers l'avenir
Les cérémonies des 2 et 12 juin ont naturellement célébré l'aboutissement d'un parcours universitaire.
Mais les paroles des diplômés racontent bien davantage. Elles témoignent :
- De curiosité intellectuelle.
- De dialogue.
- D'ouverture.
- De discernement.
- D'une pensée qui refuse les réponses toutes faites sans jamais renoncer à chercher.
À travers leurs histoires très différentes, une conviction commune émerge :
la théologie n'est pas tournée vers le passé. Elle est une discipline profondément vivante, capable d'éclairer les grandes questions de notre temps et de former des femmes et des hommes aptes à dialoguer avec la société contemporaine.
La promotion 2025 en offre un témoignage particulièrement inspirant.
Par leurs parcours, leurs engagements et leurs aspirations, ces diplômés montrent que la théologie demeure aujourd'hui un lieu privilégié où se rencontrent l'exigence intellectuelle, la quête de sens et l'espérance.