Bérangère Tavernier, médiatrice familiale, diplômée en juin 2010

Issue de la 2ème promotion du Diplôme d'Etat de Médiateur de l'IFOMENE, puis ayant effectué une année de rédaction de mémoire en 2010, Bérangère a obtenu avec d'excellents résultats le diplôme d'Etat en juin 2010. Elle revient aujourd'hui sur son parcours, ses études, son sentiment sur la formation et ses perspectives d'avenir.


Pourquoi cette formation ? Quel est votre parcours ?

J'ai suivi la formation au diplôme d'Etat de médiateur familial à l'IFOMENE dans le cadre d'une reconversion professionnelle à l'âge de 34 ans. Après des études de droit et une longue expérience professionnelle en librairie, j'ai souhaité partir en mission humanitaire en Malaisie pendant un an, dans une maison d'accueil de jeunes filles âgées de 3 à 18 ans.

Suite à cette magnifique aventure, riche de rencontres humaines en profondeur, j'ai souhaité me reconvertir professionnellement dans le domaine social en travaillant plus particulièrement auprès des familles. En effet, j'ai pu mesurer là-bas l'importance du rôle des parents auprès de leurs enfants, même dans des situations de crises, de conflits et de misère. Ce constat s'est confirmé lors de la poursuite de cette expérience en France, travaillant alors comme éducatrice familiale à la Fondation Mouvement pour les Villages d'Enfants (MVE) pendant près d'un an et demi.

C'est là que m'est apparue l'importance pour les travailleurs sociaux de ne pas se substituer au rôle des parents, lorsque cela est possible, malgré les difficultés familiales rencontrées. Les parents doivent davantage être "accompagnés", plutôt que "remplacés".

C'est ce qui m'a attirée dans la démarche professionnelle de la médiation familiale, qui part du postulat de la "compétence des parents".

Pourquoi avez-vous choisi la formation que propose l'Institut Catholique de Paris / IFOMENE ?

Je me suis renseignée sur les différents centres de formation existants et c'est l'IFOMENE qui m'a paru le mieux correspondre à mon profil. En effet, mon parcours professionnel un peu particulier (cette reconversion radicale et quelque peu "tardive") n'a pas empêché les responsables de considérer sérieusement ma candidature puis de m'accueillir chaleureusement.

De plus, la renommée de l'Institut Catholique de Paris était un gage de sérieux de la formation.

Quel est votre sentiment général sur la formation ?

J'ai énormément apprécié la diversité des parcours professionnels des étudiants de ma promotion, confirmant cette particularité de l'IFOMENE.

L'IFOMENE dispense une formation équilibrée et complète, tant sur les techniques spécifiques de la pratique de la médiation familiale, que sur l'environnement juridique, social et psychologique des couples et familles concernés.

L'une des spécificités de l'IFOMENE m'a semblé être le nombre et la diversité des interventions de professionnels de différentes spécialités (médiateurs, juristes, psychologues, sociologues...) permettant un partage riche d'expériences de terrain. Cette formation m'a ainsi permis de m'adapter rapidement à la réalité, non évidente et subtile, de ce métier lors de mon embauche à Yvelines Médiation (Association de Médiation familiale à Versailles).

Que vous a apporté la formation côté personnel ?

Personnellement, j'ai pu remettre en question certaines de mes idées reçues, comme le fait que les enfants ne pouvaient être que "victimes" dans les situations de conflits parentaux et familiaux. En effet, ils peuvent également être des vecteurs de changement dans les relations parentales, et même parfois "acteurs" dans la situation. C'est la raison pour laquelle j'ai souhaité baser ma recherche de mémoire de fin d'études sur la place des enfants dans le processus de médiation familiale.

Par ailleurs, j'ai pu vérifier dans ma vie privée la richesse de la posture et des techniques de communication utilisées par les médiateurs familiaux (neutralité, impartialité, communication non violente, écoute active, reformulation...).

J'ai mieux compris l'importance de savoir s'appuyer sur la compétence et la richesse de l'autre, de le laisser s'exprimer et de l'accompagner dans sa propre recherche de solutions : c'est-à-dire le savoir "capable de lui-même". Une approche qui, il me semble, manque souvent dans la démarche de "relation d'aide" des métiers du domaine social. J'ai trouvé le métier qui me convient et par lequel je me sens utile, vraiment.

Quelles sont vos perspectives ?

Je souhaite créer plus tard ma propre structure de médiation familiale, tout en continuant à me former dans ce domaine.

Il me semble également important de promouvoir ce métier auprès des pouvoirs publics afin de voir évoluer la législation dans ce domaine et de débloquer davantage de finances publiques. Dans le même esprit, je compte continuer à sensibiliser les administrations (spécialement les Tribunaux de Grande Instance au travers des Juges aux affaires familiales), les avocats et les partenaires sociaux, dans le but de faire du recours à la médiation familiale, un reflexe social évident pour les familles en situation de conflit.

Témoignage de Bérangère Tavernier, 2ème promotion du Diplôme d'Etat de Médiateur Familial

Major IFOMENE à la session de juin 2010

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