De Lomé à Paris, une vocation enracinée
Originaire du Togo, Fr Augustin Yamba, membre de la Congrégation des Augustins de l’Assomption, a grandi dans une famille chrétienne pratiquante. La participation dominicale à la messe constituait, selon lui, « une dimension essentielle de notre organisation et de notre vie spirituelle ». C’est dans ce cadre qu’est né, dès l’adolescence, le désir de donner sa vie au Christ, à la suite d’une rencontre personnelle avec Lui.
Son engagement comme servant de messe à Lomé joue un rôle décisif : « C’est en servant à l’autel que s’est progressivement éveillé en moi le goût d’un service durable ». Ce cheminement le conduit à intégrer le groupe vocationnel de sa paroisse Jésus-Bon-Pasteur d’Agoé-Assiyéyé, avant de choisir la vie religieuse au sein des Assomptionnistes.
Aujourd’hui religieux et prêtre, Fr Augustin témoigne avec reconnaissance : « Je demeure convaincu que ce choix est une source de fidélité, de joie et de fécondité spirituelle au service du Christ et de son Église. »
Une formation théologique au service de la mission
Après un premier cycle d’études théologiques à Kinshasa (RDC), Fr Augustin est envoyé en France pour poursuivre sa formation. Il rejoint l’Institut Catholique de Paris où il suit une licence canonique en théologie - spécialisation Etudes œcuméniques au sein de l’Institut Supérieur d’Études Œcuméniques (ISEO).
Cette orientation répond à une double dynamique : une mission confiée par ses supérieurs et un désir personnel de spécialisation en études œcuméniques, en cohérence avec le charisme assomptionniste, dont l’un des axes fondateurs est la quête de l’unité des chrétiens.
L’œcuménisme, une réalité vécue
Pour Fr Augustin Yamba, l’œcuménisme n’est pas qu’un champ d’étude. Il est une réalité incarnée, profondément liée à son histoire personnelle et culturelle. Le contexte togolais, marqué par une forte diversité confessionnelle, l’a sensibilisé très tôt à ces enjeux : « Cette pluralité m’a confronté très tôt aux questions œcuméniques, bien avant mon entrée dans la vie religieuse. »
Cette diversité se vit aussi au sein de sa propre famille : « Certains membres de ma famille sont évangéliques et ma sœur aînée est mariée à un protestant. » Pour lui, la question œcuménique est ainsi « un objet de recherche et un espace de vie », où se rencontrent réflexion théologique et expérience vécue.
Une formation fondée sur la rencontre
Au sein de l’ISEO, Fr Augustin découvre une dimension essentielle de la formation : la rencontre fraternelle entre chrétiens de différentes traditions. « Aujourd’hui, il ne s’agit plus de savoirs abstraits : ce sont désormais des noms, des visages, des histoires. »
Parmi les enseignements marquants, il souligne le séminaire sur les grands accords œcuméniques, animé à plusieurs voix par des enseignants catholiques, protestants et orthodoxes : « Cette approche plurielle […] s’est révélée infiniment plus enrichissante qu’une lecture univoque. »
Il apprécie également la qualité de l’accompagnement pédagogique à l’ISEO et à l’ICP : « Je bénéficie d’un suivi particulièrement attentif […] efficace, disponible et réactif. »
Être artisan d’unité aujourd’hui
Pour Fr Augustin, l’œcuménisme est un enjeu majeur pour l’Église et pour le monde, car il touche « à la rencontre authentique de l’autre et à l’édification de la paix ». Il voit dans certaines initiatives, comme les rencontres de Taizé, un signe fort d’espérance pour les jeunes générations.
Sur le terrain pastoral, notamment en Europe et en Afrique de l’Ouest, il constate que les dynamiques œcuméniques progressent souvent de manière concrète : « Les rapprochements œcuméniques […] tendent à devenir irréversibles dès qu’un seuil significatif de confiance est franchi. »
Une vocation en discernement
À l’issue de sa licence canonique en théologie à l’ISEO, Fr Augustin poursuit le discernement entre recherche académique et engagement pastoral direct. Quelle que soit l’orientation choisie, il souhaite mettre sa formation au service de sa congrégation, notamment dans le champ de la formation et de la transmission.
S’il devait résumer son expérience à l’ICP en trois mots,
il choisirait : « sérieux, rigueur et bienveillance ».
Et pour guider son chemin de foi et d’étude, une parole biblique demeure centrale :
« Afin que tous soient un […] afin que le monde croie » (Jn 17, 21).
Licence canonique en théologie – spécialisation Études œcuméniques (ISEO)
Proposée par l’Institut Supérieur d’Études Œcuméniques, cette
licence canonique forme à la
rigueur théologique et au
dialogue entre Églises chrétiennes (catholique, orthodoxe et protestante), en vue de missions pastorales, de formation ou de recherche.