Portrait

De la crise à la vocation : un regard renouvelé sur la mission de l’Église

À l’ISPC, le Père Francesco Freddi a profondément renouvelé sa manière de vivre et de penser la mission pastorale. Il partage comment cette formation a transformé son regard et sa pratique.

Francesco KSUP ©ICP

Interview d’ancien étudiant : Père Francesco FREDDI – Diplômé en 2024 de la licence canonique de théologie catéchétique et pastorale

De la crise à la vocation : chronique d’un nouveau regard

L’Église catholique vit-elle son inexorable déclin où se trouve-t-elle dans le travail fécond d’une nouvelle naissance ? Cette provocation n’est pas une simple interrogation académique, mais la question qui habitait profondément mon cœur avant mon départ pour Paris. Dans mon service diocésain, en tant que responsable de la catéchèse et de l’accompagnement des jeunes, je me sentais souvent écrasé par un activisme frénétique : une liste infinie de « choses à faire » pour tenter de combler les vides d’un système qui ne semblait plus résister au choc des signes des temps.

L’ISPC : un tournant décisif

L’expérience vécue à l’Institut Supérieur de Pastorale Catéchétique (ISPC) a été mon kairos. En ce temps d’Église synodale et de mutations, j’ai compris que la crise ne représente pas la fin, mais plutôt le terreau fertile d’une véritable « conversion pastorale ». J’ai eu la possibilité de mûrir un regard de sagesse : c’est-à-dire la capacité de percevoir l’action silencieuse de l’Esprit même dans les plis de la fragilité et de l’incertitude.

Une vision renouvelée de l’Église

L’ISPC m’a offert une vision intégrale de l’Église, où « tout est lié ». Cette conscience a profondément éclairé notre travail diocésain. Je ne citerai qu’une expérience formative concrète, étape de notre chemin diocésain, qui incarne plusieurs éléments ayant marqué mon séjour à Paris. Dans ce parcours de formation unitaire, nous avons appris à ne plus séparer les savoirs techniques de la vie spirituelle, en cherchant à « tisser » des relations fondées sur le soin e l’écoute authentique.

Former autrement : tisser et engendrer

Le Métier à tisser (Le Telaio) nous enseigne que nous ne sommes pas appelés simplement à multiplier les activités, mais à engendrer des processus qui permettent aux communautés d’habiter le présent avec un style authentiquement évangélique. 

Vers une pastorale d’engendrement

Nous sommes appelés à une « pastorale d’engendrement », où la catéchèse n’est pas un service séparé de la charité, et où la formation des jeunes ne se réduit pas à une instruction doctrinale. La communauté doit redevenir la matrice qui engendre à la foi par la relation, e non une école qui distribue des notions.

La primauté de l’être sur le faire

Aujourd’hui, dans la mission de coordination qui est la mienne, la leçon la plus précieuse reste la primauté de l’être sur le faire. Les jeunes ne cherchent pas des égéries ou des événements spectaculaires ; ils cherchent des témoins crédibles qui sachent habiter le présent avec espérance.

Une espérance au cœur de la fragilité

L’Église n’est pas une machine à faire fonctionner, mais un corps appelé à redécouvrir sa propre vocation : être le signe d’une rencontre qui transforme l’existence. La relation avec les enseignants, le dépassement de la distance entre méthode et contenu, l’approche des questions pastorales par le discernement, sont les piliers fondamentaux qui m’ont permis de construire mon expérience diocésaine actuelle.
 
Paris m’a appris à ne pas avoir peur de la nuit : c’est précisément dans les sillons creusés par nos pauvretés que l’Esprit est déjà en train de tisser une aube nouvelle.
Publié le 8 avril 2026 Mis à jour le 8 avril 2026

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