Portrait

Catherine Fino, une théologienne au service de la pédagogie et de la relation

Depuis plus de 20 ans à l’ICP, Catherine Fino articule théologie morale et pédagogie catéchétique pour former des acteurs pastoraux attentifs à la relation et à l’agir chrétien.

Catherine FINO ©ICP

Pr. Catherine FINO, une salésienne moraliste

Sr salésienne de Don Bosco, moraliste, spécialiste de la Pédagogie Catéchétique Spécialisée, Catherine Fino enseigne depuis une vingtaine d’années à la Faculté de Théologie de l’ICP. Parmi les grands théologiens moralistes de la maison, elle a développé une articulation entre la théologie morale et les enjeux éducatifs et catéchétiques.

Comment êtes-vous arrivée à l’ISPC ?

D’abord embauchée pour enseigner en théologie morale, j’ai été assez vite interpellée par Denis Villepelet alors directeur de l’Institut Supérieur de Pastorale Catéchétique (ISPC). Il s’agissait de « sortir du moralisme », ce qui a donné le titre d’un livre par la suite, pour que les étudiants de l’ISPC fassent de la théologie morale en articulation avec leurs préoccupations pastorales. Par la suite, un colloque de l’ISPC m’a amenée à m’intéresser en 2007 à la PCS (Pédagogie Catéchétique Spécialisée). L’atelier que j’animais avait tellement bien marché avec Anne Herbinet que nous avons dû poursuivre !

Vous avez découvert la PCS grâce à l’ISPC ?

Oui, dans la suite de ce colloque, Anne Herbinet m’a fait visiter de nombreux groupes différents pour mieux appréhender cette réalité spécifique du monde catéchétique. Cela entrait en résonnance avec ma vocation religieuse et la spiritualité salésienne. Ça a été une belle expérience. A cette époque nous étions très attentifs en théologie morale à la construction du sujet, ce qui s’articulait très bien avec le troisième paradigme de Denis Villepelet et la pédagogie d’initiation. J’ai beaucoup lu !

Quelles sont les bonnes raisons aujourd’hui de continuer à enseigner à l’ISPC ?

C’est une bonne complémentarité avec ce que je fais par ailleurs et ça me donne un lieu d’insertion et de recherche. Et puis c’est complémentaire avec mes intérêts pour les enjeux éducatifs portés par ma congrégation salésienne. Par ailleurs, je dois dire que l’ambiance entre enseignants et avec les étudiants est quand même sympathique ! 

Il y a-t-il un moment fondateur ?

Pendant mon travail de recherche en thèse, j’ai passé plusieurs mois à Québec, au Canada. J’y ai découvert la pédagogie pour les adultes, l’andragogie, qui était largement mise en œuvre là-bas, à la différence des cours magistraux français. C’est ce que j’ai pu largement réinvestir dans mes cours à l’ISPC qui en était demandeur : pas un cours sans pédagogie interactive ! Grâce à l’ISPC j’ai appris à utiliser le numérique, à tester différentes propositions pédagogiques, etc.
Je dois dire que la convertie adulte que j’étais au début de mes études s’est toujours demandé comment on pouvait devenir croyant avec ce que l’on nous faisait ingurgiter enfant… La catéchèse que j’ai reçue ne m’avait pas passionné. Je crois que ça a éveillé mon intérêt pour les questions travaillées à l’ISPC.

Quel conseil pouvez-vous donner aux étudiants de l'ISPC ?

En catéchétique, il ne faut pas oublier de se préoccuper de l’agir chrétien en le questionnant de manière intelligente. L’éthique de la relation pédagogique est essentielle pour faire naître le sujet et non pas le dominer.
Publié le 8 avril 2026 Mis à jour le 8 avril 2026

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