Retour sur

Apprendre et vivre l’unité chrétienne en étudiant à l'ISEO

À travers leurs parcours et leurs réflexions, les étudiants de l’Institut Supérieur d'Études Œcuméniques (ISEO) témoignent d’une formation qui conjugue exigence universitaire, conversion intérieure et engagement œcuménique au service de l’unité.

ISEO ©F_Albert_ICP

Une formation qui transforme le regard

Témoignage de Marie-Hélène Tijardovic

Diplômée du Diplôme universitaire « Initiation aux Études œcuméniques » de l’ISEO
 

L’ISEO est un lieu de formation universitaire, mais aussi un espace de conversion personnelle et de soutien à la mission pastorale. Les cours proposés conjointement par les instituts catholique (l'ISEO à l'ICP), protestant (Institut Protestant de Théologie) et orthodoxe (Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge), qu’ils soient à trois voix ou spécifiques, ouvrent les étudiants à la diversité confessionnelle, désormais perçue comme une richesse et une complémentarité, et non comme une source de conflit.

Le temps où il s’agissait d’absorber l’autre à ses propres idées est révolu. Portés par l’action de l’Esprit Saint, les étudiants apprennent à changer de regard, à reconnaître l’autre comme une chance plutôt qu’un obstacle, et à accueillir les richesses de chaque Église comme un don fait à l’unique Église du Christ.

La relecture commune de l’histoire chrétienne montre que les divisions sont souvent plus contingentes qu’issues de divergences théologiques insurmontables. Dans ce cadre, l’ISEO offre des outils solides pour un dialogue œcuménique respectueux, attentif à ce qui est essentiel pour l’un sans être indispensable à la foi de l’autre.


Un appui concret pour la mission œcuménique

Pour les personnes engagées dans l’œcuménisme au niveau local, diocésain ou consistorial, l’ISEO constitue un soutien précieux. Les rencontres fraternelles, notamment lors de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, permettent d’approfondir les relations et de mieux découvrir la foi et la tradition de chacun.

Les parcours de formation, « Découverte des Églises chrétiennes », « Les fondamentaux de l’Orthodoxie », « Histoire du mouvement œcuménique », apportent les repères essentiels à un dialogue approfondi. Les cours à trois voix, en particulier, développent une pédagogie de l’écoute réceptive, reproductible localement, y compris sur des questions délicates telles que l’Eucharistie ou l’hospitalité eucharistique.

C’est parce que les liens sont tissés dans la confiance et la connaissance mutuelle qu’il devient possible de s’engager dans une véritable communion.


Relire l’histoire pour construire l’unité

Réflexion d’Augustin Yamba

Actuellement en Licence canonique de théologie – spécialisation Études œcuméniques
 

La formation à l’ISEO invite à relire l’histoire de l’Église comme un lieu d’apprentissage de l’unité. Le concile de Nicée en est une illustration emblématique : face à la diversité des perspectives théologiques, le dialogue conciliaire a permis l’élaboration d’un consensus doctrinal structurant la foi chrétienne.

D’abord fragile, cette unité s’est progressivement affirmée au fil des siècles, devenant une référence commune pour l’ensemble des chrétiens. L’histoire montre ainsi que le dialogue, la concertation et le rassemblement sont les chemins privilégiés pour intégrer la richesse des différences au service d’une communion durable.


L’œcuménisme, une conversion et une espérance pour le monde

L’œcuménisme apparaît comme un vecteur essentiel d’unité, non seulement pour l’Église mais aussi pour le monde. Si des chrétiens longtemps divisés parviennent à s’entendre, ils offrent un modèle d’unité possible à l’échelle mondiale. Bien plus qu’un simple dialogue interconfessionnel, l’œcuménisme est une démarche de conversion intérieure, invitant chacun à se laisser transformer par la richesse spirituelle de l’autre.

Il engage l’Église à répondre pleinement à sa vocation d’être un ferment d’unité, non par la coexistence, mais par une communion fondée sur l’accueil, l’écoute et l’enrichissement mutuel. Loin de nier les identités, il s’agit d’accueillir l’autre dans sa singularité et d’avancer ensemble, comme disciples du Christ, sur un chemin de communion nourri par le dialogue et la rencontre.

Publié le 5 janvier 2026 Mis à jour le 7 janvier 2026

A lire aussi