• Citoyenneté,
  • Culture scientifique et humanités,

Journée mondiale de la mer - Rencontre avec Christian Buchet

Publié le 28 septembre 2021 Mis à jour le 1 octobre 2021

Tous les ans, l'Organisation maritime internationale célèbre la Journée mondiale de la mer le 30 septembre. Rencontre avec Christian Buchet, professeur en Histoire Maritime et directeur du Centre d’Études de la Mer de l’ICP qui nous présente les atouts et les enjeux de la mer et des océans.

Christian Buchet - Portrait

Christian Buchet - Portrait

Une journée d'optimisme pour les mers et océans

Professeur Christian Buchet : cette Journée mondiale de la mer est importante. Premièrement, cette initiative a pour objectif de faire prendre conscience à tous les citoyens du monde que la mer représente 72 % du globe. Sans la mer, on ne vivrait pas.
 

Protectrice de l'espèce humaine

Dans un second temps, c’est se rendre compte que la mer protège l’espèce humaine. En effet, elle a la bonne idée d’aspirer 37 % de CO2 ; si la mer ne nous rendait pas ce service, on aurait une pédagogie du masque beaucoup plus avancée !
 

Productrice d'oxygène

La mer est la principale productrice de notre oxygène. Elle contient la quasi-totalité des ressources nécessaires pour un avenir durable. Imaginez-vous les possibilités qu’elle nous offre. Quand on pense à la mer, on s’arrête souvent à sa première perception : un grand et large rideau bleu, mais elle est bien plus que ça.

En comparaison, on connaît les planètes et on voyage dans l’espace, cependant, et pour l’instant, on connaît seulement 20% des fonds marins, il ya donc encore 80% dont on ignore tout.
 

Le transport maritime, un enjeux stratégique

Comme on a pu le voir récemment, avec la malheureuse expérience de ce navire de 400 mètres qui s'était échoué et avait bloqué totalement le Canal de Suez durant plusieurs heures, si le transport maritime ne marche pas, plus rien de marche.

92 % du commerce mondial passe par voie maritime. C’est un secteur en plein essor. La pandémie de Covid 19 a fait multiplier le prix des conteneurs par cinq. Cette donnée indique que le secteur du transport maritime n’est plus actuellement en adéquation avec la reprise économique. Par ailleurs, l’indicateur le plus fiable permettant d’analyser l’état de l’économie mondiale est le prix et le taux du fioul.


De l'importance des "Gens de la mer"

Et surtout, ce secteur ne serait pas ce qu’il est sans les « Gens de la mer », c'est-à-dire les marins. C’est un secteur encore trop méconnu où il y a encore beaucoup à faire sur le plan social. La vie de marins est difficile. Il y a parfois le cas de navires poubelles, abandonnés par des armateurs sans scrupules, laissant des équipages entiers sans ressources ni moyen de retour.

Et pourtant notre niveau de vie dépend de ce secteur et de ces personnes. Pour vous donner une idée de cette importance, le transport maritime a augmenté de 470 % depuis les années 70.


De la nécessité de préserver l’écosystème

Quand on pense à la mer, on pense également à sa protection. Avec un transport maritime de plus en plus conséquent (notamment avec les croisières et les pêches massives), nous constatons également les effets négatifs : pollution, disparition d’espèces aquatiques, destruction de l’écosystème, etc.
 

Pollution par le plastique

Tout d’abord, il y a la question du plastique qui pollue les mers et les océans. Il y a en effet des continents plastiques dans toutes les mers, qui illustrent l’ampleur de cette pollution. 80 % de ces plastiques terminent au fond des océans, dans le ventre des poissons que la population mondiale consomme. Ce qui est évidemment nocif pour les espèces aquatiques mais aussi pour l’Homme.
 

Acidification des océans

Il y a ensuite le problème de l’acidification des océans. Comme on l’a vu, la mer absorbe entre 30 % et 40 % du CO2 ; mais au fil du temps, et avec l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre, la mer s’acidifie. Cette acidification engendre une rupture de l’équilibre de l’écosystème notamment par la dégradation de l’état de santé des coraux (qui sont des animaux en calcaire) et qui par conséquent ont un organisme qui ne supporte pas cette acidification.

 

Professeur Christian Buchet

Comme l’a dit le réalisateur français Jacques Perrin :
« on n’aura pas d’océan de rechange ! »

Professeur Christian Buchet



Finalement, il est assez simple de comprendre que ce qui est bon pour la mer est bon pour l’Homme. La préserver et la protéger, c'est également protéger notre avenir. Tout est une question d’équilibre.
 


© Christian Buchet, directeur du Centre d’études de la mer de l’Institut catholique de Paris.