Témoignage de Jean-Philippe lors de la remise des diplômes 2015

Témoignage de Jean Philippe lors de la remise de son Diplôme Universitaire d’Etudes Religieuses. Nov 2015.

Je viens d’Epernay, une paroisse champenoise du diocèse de Chalons. J’ai 54 ans, je suis marié depuis 32 ans, nous avons avec mon épouse Marie Annick, 5 enfants et 2 petits enfants pour l’instant. Je dirige une entreprise d’ingénierie vinicole que j’ai crée il y a 26 ans, avec aujourd’hui un effectif de 22 personnes réparties sur la France. Ayant quitté la scolarité avant le bac, je suis ce que l’on peut appeler un autodidacte. Il m’a fallu cependant me former pour progresser dans les domaines d’activités dans lesquels je travaille comme l’œnologie, l’architecture, la construction, la maitrise d’œuvre ou la gestion d’entreprise. Et parce que l’aviation est ma passion depuis tout petit, je me suis également beaucoup formé aux sciences et techniques aéronautiques. Je  voyage donc avec bonheur entre Epernay et les régions viticoles avec mon avion.

J’ai été appelé au diaconat dans les années 2000 et pendant les années de discernement et de réflexion, j’ai suivi un parcours théologique organisé par le diocèse. Puis ayant été ordonné diacre en septembre 2004, j’ai d’abord suivi une formation à l’accompagnement à Manrèse dans le cadre de ma première mission comme président du secours catholique diocésain. J’ai fait ensuite un parcours d’une année, nommé éducation à la vie à l’institut de la famille de Lyon. Cette formation m’a été proposée par mon vicaire général avant de me confier avec mon épouse la pastorale familiale diocésaine.

Est alors venu le temps du questionnement sur ce que j’étais. Diacre permanent ? Qu’est ce que c’est ? Au cours du discernement et de la formation dite fondamentale, le diaconat a surtout été défini par ce qu’il n’est pas. Après avoir fait l’IER, je peux maintenant dire en société que c’est une approche apophatique. Mais de ce fait, beaucoup de questions ne trouvent pas de réponses et si des réponses sont apportées par des ministres de notre Eglise, elles sont souvent contradictoires.

Voilà pourquoi j’ai été heureux que mon nouveau curé, Jacques Wersinger, qui est enseignant dans cette maison m’a proposé de suivre ce cycle d’étude universitaire. Les premières semaines de cours ont été un peu difficiles et compliquées. Au contraire de tout ce que j’ai pu faire dans ma vie, il a fallut écrire, structurer ma pensée et faire des restitutions rigoureuses. J’ai cependant été passionné par les matières étudiées et je suis souvent resté sur ma faim en raison du peu de temps que j’ai pu consacrer au travail personnel. J’ai vu à cette occasion le professionnalisme de nos enseignants qui n’ont jamais été dupes de mon manque de travail.

Le DUER est une porte d’entrée sur un monde d’étude que je n’imaginais pas avant d’avoir entrepris une réelle formation théologique. C’est l’occasion d’approfondir sa foi et de pouvoir en témoigner avec des mots simples et compréhensibles. Mais pour moi, ce qui a vraiment changé, c’est d’avoir compris qu’il n’existait jamais de réponse unique, définitive et complète à une problématique sur l’homme, sur la vie ou sur Dieu. Il y a par contre énormément d’outils et de moyens pour y réfléchir et se forger une opinion personnelle sur le sujet.

En ce qui concerne le diaconat permanent, même si il a souvent été évoqué dans les matières travaillées, il faut bien reconnaître que le sujet reste délicat. J’ai eu des réponses claires dans la définition ecclésiologique du diacre en tant que 1er degré du ministère de l’ordre, mais si on ajoute « permanent », les explications sont un peu plus embrouillées et diverses. Même dans les célébrations liturgiques, la place du diacre permanent pose question.

« Que Dieu Lui-même achève en vous ce qu'il a commencé ». C’est ce que m’a dit l’Evêque au cours de mon ordination et il ne fait pas de doute que l’IER participe à l’œuvre de Dieu pour l’édification de son Eglise. Voilà pourquoi j’envisage dans deux ou trois ans de continuer vers la licence avec l’objectif toutefois utopique de découvrir et d’assumer pleinement ma vocation. Merci en tout cas à vous tous, élèves et enseignants pour ces quatre années passées au milieu de vous.