Témoignage de Albane d'Hérouville, diplômée DUER promotion 2014

Témoignage de Albane d'Hérouville, diplômée DUER promotion 2014


Voilà déjà 4 ans passées à l’IER, un chemin qui me convenait et que je cherchais depuis longtemps !

 

- un travail d’intelligence de la foi, où je n’étais pas seulement en position de réception, d’écoute mais où je étais invitée à chercher moi-même, à « fouiller » dans la Bible par exemple… et combien j’ai aimé l’exégèse !

 

- un travail authentique, critique et libre surtout à la recherche de Dieu au milieu du monde, en nous appuyant sur sciences complémentaires : la théologie fondamentale, la christologie, la philosophie, l’exégèse, la pédagogie, la morale, l’anthropologie, l’histoire etc…

 

J’ai particulièrement aimé l’ouverture d’esprit exigé par l’IER, le regard critique mais toujours fidèle à l’Eglise, l’invitation au questionnement. Cette ouverture se trouve déjà dans la diversité des étudiants présents et cela donne une beau visage de l’universalité de l’Eglise : des religieuses, des laïcs, des jeunes ou des retraités, des anciens dans la foi ou des nouveaux convertis, des français et des étudiants venus d’ailleurs, des situations de vie différentes…

 

Au-delà de mes attentes, mes découvertes :

 

La démarche des théologiens, exégètes, pères de l’Eglise, prêtres, enseignants, dans leur capacité à chercher toujours à connaître et faire connaître le Christ, dans le monde dans lequel ils vivent. En témoignent le nombre impressionnant d’écrits, de thèses, que je ne soupçonnais pas avant. Nous continuons l’histoire de ce peuple en marche.

 

Cette ouverture est un des témoignages que je donne bien volontiers face à la réputation de rigidité de l’Eglise que l’on peut lire ou entendre dans les médias ou chez les gens.

 

La philosophie, l’histoire de l’Eglise n’étaient pas forcément ma « tasse de thé », ayant de grandes lacunes. Ce fut une vraie découverte et un vrai bonheur de m’y frotter. Les enseignants y sont pour beaucoup car je les ai trouvé d’une qualité exceptionnelle tant dans leurs connaissances que dans leur pédagogie. Chacun avait son approche. En philosophie, par ex, c’était très utile et passionnant de commencer avec le cours d’histoire de la philosophie, de continuer par la question de la reconnaissance, enfin d’être invitée à philosopher soi-même. En histoire de l’Eglise, ce fut une vraie réconciliation et je comprends la nécessité et même l’exigence de connaître le passé de l’Eglise pour mieux comprendre le monde d’aujourd’hui et participer à son évolution de manière constructive.

 

Les cours de morale et de morale sexuelle et familiale m’ont beaucoup touchée par la bienveillance à laquelle nous sommes invités envers les hommes et les femmes de notre temps, tout en étant sûrs de la vérité du message du Christ pour tous ….

 

Les figures spirituelles m’ont édifiée, notamment la figure de Frédéric Ozanam. Laïc, il a cherché à défendre le christianisme au cœur d’un monde assez anticlérical, à mettre en lumière la vérité de la foi, par une remise en cause de ses propres idées, et par un engagement concret dans la société, auprès des plus pauvres. Je trouve qu’il est tout à fait moderne.

 

Enfin les cours d’ecclésiologie, de doctrine sociale de l’Eglise, ou sur les sacrements n’étaient pas une découverte proprement dite mais un appel à prendre davantage ma responsabilité de laïque en Eglise, et à participer encore plus concrètement à la construction d’un monde d’amour à la suite du Christ.

 

Il y a eu aussi des moments d’humour et tout simplement d’émerveillement en découvrant la personnalité de Saint Paul ou en se laissant guidé dans l’espace du sacré !

 

Une étape sur un chemin

 

Appelée sur un nouveau chemin avec mon mari, ces années à l’IER ont été certainement comme une préparation de l’intelligence et de la foi. Appelée à être une mère de grands adolescents et jeunes adultes, ces années de travail avec les exigences universitaires qui en découlent, m’aident à mieux comprendre et aider mes enfants, me permettent d’avoir quelques arguments plus appropriés (!) et surtout une plus grande confiance dans leur chemin vers le Christ. Appelée par mon évêque, à une nouvelle mission cette année, auprès des prêtres venus d’ailleurs, ces années de réflexion, notamment en ecclésiologie et théologie pastorale, me permettent de mieux me situer comme femme chrétienne laïque en responsabilité, entre obéissance et liberté ! Ce rôle de femmes dans l’Eglise m’interpelle d’ailleurs de plus en plus…