Témoignage d'Isabelle lors de la remise des diplômes 2013

Témoignage d'Isabelle lors de la remise des diplômes 2013


Depuis plusieurs années, le diocèse de Chartres « invite » certains d’entre nous, appelés à une responsabilité diocésaine, à prendre le temps d’une formation à caractère universitaire. En acceptant cette formation, je me suis donc inscrite dans cette tradition.


4 ans passées à l’IER, reprise des études après 40 ans en étant en responsabilité au sein d’un diocèse : gageure, défi ou inconscience ? Un peu des 3 !

Gageure, car je n’avais de connaissance de foi que des restes, les petits restes du caté de mon enfance, la foi du charbonnier, alors parler de théologie, d’exégèse, d’ecclésiologie…et d’en comprendre toutes les subtilités, toutes les nuances, tout cela me semblait bien irréalisable, ou tout au moins insurmontable.

Défi, car j’aime me lancer des défis, relever des défis, histoire de pousser toujours plus loin mes limites, qu’elles soient physiques ou intellectuelles
Inconscience enfin, dans le sens de ne pas porter de jugement sur ce que j’allais découvrir ou apprendre et accepter de me laisser dérouter, bousculer pour que ma foi progresse, grandisse et se transforme.


La première année a été déstabilisante pour moi. D’abord du côté de l’organisation : équilibrer les responsabilités diocésaines la semaine, la préparation des TD le weekend et la vie de famille. L’équilibre n’a pratiquement jamais été atteint, mais bon an, mal an, tout le monde a survécu !
Déstabilisante aussi d’un point de vue spirituel : remise en cause de mes idées sur la religion, sur les connaissances que j’en avais : mes angles de vues se sont heurtés à l’enseignement que je recevais à l’IER. Heureusement la méthodologie et la pédagogie enseignée m’a ouvert l’esprit et m’a permis de structurer ma foi. J’ai pris conscience qu’aujourd’hui plus que jamais, dans les responsabilités pastorales que j’occupe, il est important de fonder solidement sa foi et d’apprendre à en rendre compte dans un monde qui bouge et dans une Eglise qui ne peut rester immobile, tant les défis que lui lance notre société sont nombreux et complexes. Pour ça, l’IER veille particulièrement à articuler l’engagement pastoral et l’intelligence de la foi en faisant reposer la formation sur 2 axes : une réflexion biblique, théologique et spirituelle qui structure les contenus de la foi et une réflexion sur la proposition de la foi aujourd’hui, en lien avec une vie apostolique et les engagements qui en découlent.

Après cette « Année horribilis », il y a eu ensuite les « années mirabilis » (miraculeuses !)

Eh oui, ce ne pouvait être que miraculeux que d’être transformé, de devenir « intelligente », et d’arriver à tout mener de front. En fait, les années suivantes j’ai dégusté comme une friandise les enseignements reçus, j’ai accepté de me laisser interroger, de me poser les vraies questions et surtout de changer mon regard et mon attitude, ma façon de voir et de croire, de penser et d’agir. Tout ce travail intellectuel de l’intelligence de la foi, toute cette conversion de mon être n’a pu prendre racine qu’avec le terreau de la prière et une vie sacramentelle régulière.


Je retiens de ces 4 années, vous tous : professeurs, étudiants, les partages que nous avons eus, les échanges fraternels et animés en TD. J’ai été aussi particulièrement impressionnée par l’intelligence et la bienveillance du personnel enseignant, en particulier lors des partiels où les appréciations portées au devoir ont toujours été très pertinentes et constructives. Je me suis souvent sentie transpercée par les commentaires qui étaient toujours justes.
Aujourd’hui je continue ma mission au sein du diocèse de Chartres plus sereine, plus à l’aise pour parler et vivre de ma foi. En guise de conclusion, je vous livre une citation du théologien Karl Rahner, extraite du livre de Jean-Pierre Roche : « la nouvelle évangélisation racontée à ceux qui s’interrogent »

« On ne peut déchiffrer clairement et en plénitude le message de Jésus Christ dans le livre du monde, qu’à condition de l’avoir lu d’abord dans le livre de l’Ecriture. Mais on peut et on doit le lire ensuite dans le livre du monde et de la vie humaine pour avoir la pleine intelligence de ce qui est dans la parole de l’Ecriture ».