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Pilote d'hélicoptère, Dominique a choisi d'étudier la philosophie en parallèle de sa carrière militaire

Confronté à un lourd cas de conscience lors de la guerre du Kosovo qu'il a menée depuis le porte-avions Foch, Dominique a cherché à nourrir cette conscience blessée par une formation philosophique. Il partage son expérience :

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Comment avez-vous découvert la licence de philosophie en cours du soir | Cycle Phi

J’ai découvert par hasard dans un magazine l’existence du Cycle Phi permettant de suivre en cours du soir, une formation universitaire de philosophie. Cela répondait parfaitement à ma soif de pouvoir confronter enfin mes réflexions à des connaissances de philosophie fondamentale.
 

Qu'en retirez-vous pour votre vie professionnelle et personnelle ?

J'ai pu peu à peu structurer mes réflexions au regard des théoriciens de la « guerre juste », et de comprendre et de verbaliser les limites de l’engagement des forces armées. L’action du militaire français est aujourd’hui exclusivement encadrée par le droit, qui légitime son action, mais qui risque aussi de le déresponsabiliser lorsqu’il est amené à faire usage de la force alors qu’il se trouve en opposition avec sa conscience. Quand l’impératif moral dominant n’est pas compris, peuvent se créer des conditions menant à « la banalité du mal et à l’instrumentalisation de l’homme », tels que les décrit Hannah Arendt lors du procès à Jérusalem du nazi Eichmann. Bien des hommes sont dans l’incapacité de distinguer le bien du mal, d’autant que les militaires, jusqu’à présent exclus de tout mandat politique, ne peuvent contribuer à sensibiliser le Parlement et les citoyens aux conséquences de l’intervention des forces armées.
Le Cycle Phi a contribué à justifier mon engagement politique et la création d’une des premières « associations professionnelles nationales de militaires » (www.apnm-marine.fr).
 

A votre avis, quels sont les points forts de la formation dispensée par le Cycle Phi ?

Un des points forts est bien sûr la qualité des professeurs et de la formation qui est strictement identique à celle dispensée aux jeunes étudiants. La possibilité d’avoir un rythme qui permette de suivre ce cycle en cours du soir (mardi et jeudi de 20h à 22h et cinq samedis par semestre) tout en restant en pleine activité professionnelle, est certes exigeant, mais donne aussi une véritable envie de travailler et de réussir. J’en ai retiré beaucoup de satisfactions et même une certaine fierté.


Un élément que vous souhaiteriez souligner ?

Comme pour bon nombre d’étudiants du Cycle Phi, cette formation répondait à mon désir de mener une réflexion philosophique fondamentale sur la vie, à une période (j’avais 52 ans) où il est naturel de s’interroger sur les priorités que l’on veut se fixer. Dans les filières scientifiques, la formation philosophique est limitée à une année en terminale alors que la réflexion philosophique est tellement nécessaire à tous, tout au long de sa vie. Grâce au Cycle Phi, j’ai trouvé moyen de remédier à cette carence. Cela a été pour moi un enrichissement extraordinaire et je regrette simplement que le Cycle Phi ne soit pas assez connu car il pourrait être un recours à bon nombre de nos contemporains perdus par une vie manquant de sens.

Dominique fait parti des diplômés de la promotion 2017
crédits photo : Frédéric Albert