Gaëlle Couettoux : apprentie à l'ICP en 2013-2014

Gaëlle Couettoux, après un parcours riche d'expériences diverses, a choisi d'effectuer le Master Action éducative internationale & interculturelle (MAEII) en apprentissage, en 2013-2014, à la FASSE. Elle a accepté de répondre à nos questions. Une belle occasion de découvrir son parcours et les dimensions professionnelles qu'offre l’apprentissage.

Quel est votre parcours ?


Apres un Bac Scientifique, j’ai étudié deux ans en Hypokhâgne-Khâgne B/L. Ce sont des classes préparatoires en Sciences Sociales, très générales : il y a autant de mathématiques que de français, que de langues étrangères, que de philosophie, que de sciences économiques et sociales. Je ne voulais pas passer de concours pour entrer dans des grandes écoles c’est la formation en elle-même qui m’intéressait, très approfondie et complète.

J’ai passé les concours d’Assistante Sociale, mais ayant échoué à l’oral, je me suis engagée pour un an dans le cadre d’un Service Civique au Rocher, association qui travaille dans les quartiers « défavorisés ». A la fin de cette année de volontariat, je voulais trouver une formation qui me permette de « sortir des cadres » : agir non seulement en France, mais aussi à l’étranger, ne pas rester cantonnée aux démarches administratives et aux procédures des allocations et aides du système français, mais travailler davantage dans « l’humain ».

J’ai alors vécu un an de formation à l’IFF Europe, dans le cadre du DU – Conception et Conduite de Projet dans le champ de l’action Interculturelle et Humanitaire. Armée d’une Licence en Conduite de Projet de Solidarité, j’ai alors décidé de trouver un Master qui me permette d’entrer dans le monde du travail dans ce secteur de la solidarité grâce à un apprentissage. J’ai en effet pu expérimenter à quel point l’engagement sur le terrain et l’action concrète au cours de la formation est pertinente et enrichissante dans le discernement du projet professionnel. C’est ainsi que j’ai atterri au MAEII.


Pourquoi avoir choisi la filière MAEII en apprentissage ?


Je n’aurais pas choisi la filière MAEI si elle n’avait pas été en apprentissage !
Pour moi, l’apprentissage a été un critère de choix par rapport aux autres formations dans le même domaine.

Une expérience professionnelle de deux ans dans la même structure n’a pas du tout la même valeur à mes yeux que différents stages au long de la formation : l’apprentissage permet de vivre de l’intérieur le monde du travail, de prendre véritablement sa place dans une équipe et une structure, d’ancrer des compétences dans des projets de long terme, tout en garantissant le recul nécessaire pour la réflexion au travers du MAEII.

La question financière n’est pas à négliger non plus : l’apprentissage est un bon moyen de réduire (au maximum !) les frais d’études, tout en étant rémunérée. Ce qui implique alors la cotisation pour la retraite, l’accès au chômage dans l’avenir etc.
 


Comment s'est déroulé votre parcours en apprentissage (cours / organisme d'accueil) ?


Ma structure d’apprentissage étant à Bordeaux, je faisais les allers-retours chaque semaine entre Paris et le Sud-Ouest. Cette différence de lieux géographique m’a bien aidée je pense pour « faire la part des choses », et rester concentrée sur le Master à Paris, sur l’apprentissage à Bordeaux.
Cela a bien sûr exigé un minimum d’organisation et  un rythme soutenu durant deux ans ! Mais le jeu en valait la chandelle !


Qu'est-ce que ce parcours en apprentissage vous a concrètement apporté ?


Concrètement, j’ai reçu plusieurs propositions de postes dans ma structure d’accueil au cours de mon apprentissage, à la fin, et même un an après mon départ !

Durant deux années, j’ai eu la satisfaction de me sentir utile, sur le terrain, de mettre à contribution mes compétences, ma réflexion, de pouvoir m’engager dans la société comme j’en rêvais, auprès des plus défavorisés. Petit à petit, de trouver ma place dans la structure, de voir mes responsabilités grandir, mes projets se concrétiser et s’améliorer au fil du temps. De véritablement « travailler » à un monde meilleur, d’avoir « les mains dans le cambouis » tout en restant en dialogue avec le monde de la recherche et es penseurs de la solidarité.

Par ailleurs, j’ai réalisé que je suis très confiante depuis dans mes diverses recherches d’emploi, par rapport à d’autres amis qui n’ont pu faire cette expérience. J’avais pour ma part, durant l’apprentissage, le même statut que les autres salariés, qui étaient souvent à temps partiel, et je sais que l’apprentissage m’a véritablement donné confiance dans le marché de l’emploi, qui n’est pas si cruel !


Quels seraient vos conseils à des étudiants qui se poseraient aujourd'hui la question de l'apprentissage ?


1)    Y CROIRE

Ma recherche de structure d’apprentissage a été longue et laborieuse : je ne connaissais pas la région ni le réseau bordelais. J’ai donc passé deux mois d’été à « faire jouer les contacts », envoyer des candidatures libres sur les sites internet, contacter les associations et les personnes que l’on me conseillait, rencontrer différents acteurs locaux, répondre aux offres d’emploi, élargir progressivement mon champ de recherche, …et c’est fin septembre qu’un centre social que j’avais contacté, en candidature libre, via leur site internet, m’a répondu.

NE PAS DESESPERER ! J’avais déjà commencé à regarder des pistes de « jobs étudiants » ou de « petits boulots » si je ne trouvais pas d’apprentissage. Mais finalement, j’ai commencé mon apprentissage le 1er octobre.
 

2)    « C’EST TOUT BENEF » !

Oui, un rythme soutenu et beaucoup de choses à gérer en tous sens, cours, rendus, mémoire, responsabilités du poste en apprentissage…
Avec en prime, un diplôme Bac +5 et deux années d’expériences dans le CV pour un emploi pas si difficile à décrocher !
 

3)    SE LANCER !

Se lancer dans le monde du travail, s’engager dès le temps des études dans la société, travailler dès maintenant dans le secteur qui passionne…
…Se lancer dans l’apprentissage !

Propos recueillis à la FASSE le 15 décembre 2015.
Pour en savoir plus sur le Master MAEII.