Syriaque

Le syriaque est le dialecte araméen de la ville d’Édesse (Urfa en Turquie actuelle) qui fut adopté comme langue littéraire par les chrétiens de la région jusqu’au 13ème siècle. C’est toujours la langue liturgique des chrétiens de Turquie, du Liban, de Syrie, d’Iran et d’Iraq mais aussi d’Inde (Kérala, côte du Malabar) et de la diaspora.

La littérature syriaque constitue le plus important des corpus littéraires araméens et se caractérise par l’importance des formes poétiques, dont certaines héritées de la Mésopotamie ancienne.

Illustration : Bible polyglotte de Londres (1657), extrait en langue syriaque. Bibliothèques ICP.

S’il n’était pas la langue de Jésus (araméen juif palestinien), le syriaque fut néanmoins la langue de traduction de l’Ancien et du Nouveau Testament dès le 2ème siècle de l’ère chrétienne, celle aussi de rédaction de la célèbre correspondance entre Jésus et le roi Abgar d’Édesse racontant la christianisation de la Mésopotamie du nord.

De très nombreux textes poétiques, exégétiques, historiques, mais aussi médicaux et des commentaires philosophiques, furent produits dans cette langue, dans ce qui fut l’empire romain/byzantin et l’empire perse sassanide, puis sous domination de l’islam jusqu’à la période mongole.

Les auteurs syriaques ont pu être qualifiés de passeurs de civilisations car ils traduisirent la littérature grecque scientifique, philosophique et surtout chrétienne dans leur langue.

Les textes syriaques furent traduits dans d’autres langues de l’Orient chrétien comme l’arménien, le géorgien et l’arabe.

Les traducteurs syriaques enfin contribuèrent à faire connaître en arabe cette culture aux auteurs musulmans.

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