Philippe Osmalin, Master Action éducative internationale

Philippe Osmalin, diplômé d’une maîtrise de Lettres classiques et d’un DEA d’études théâtrales, est actuellement metteur en scène, dirige la compagnie « le théâtre de la fugue », et est chargé d’enseignement à l’Université. En complément de son activité professionnelle il a choisi de reprendre des études en Master Action éducative internationale.

Pourquoi avoir choisi ce Master Action éducative internationale en complément de votre activité professionnelle théâtrale ?

Je voulais me donner un nouvel élan intellectuel et éventuellement professionnel, sans pour autant abandonner le théâtre, mais en lui trouvant une autre pertinence. Je cherchais à solliciter autrement mon savoir-faire - avec d’autres enjeux, sur d’autres terrains, avec de nouvelles pistes de réflexion. Ce Master me permettait de rester dans le domaine éducatif qui m’a toujours accompagné et auquel je crois profondément comme pouvant être l’une des clés du monde de demain. Dans ma vie j’ai aussi toujours cherché les situations d’interculturalité, depuis mon séjour au Proche-Orient. Et il m’a semblé ainsi que le théâtre pouvait relier l’éducatif, l’interculturel et la médiation sociale en France ou à l’Etranger. Ce qui est l’intitulé même de notre Master.

Quelles sont selon vous les spécificités et les atouts de cette formation ?

Je dirais que la spécificité de ce Master est sa transversalité disciplinaire, puisqu’il relève aussi bien des Sciences de l’éducation que de l’Anthropologie et de la Sociologie. Et il touche à tous les domaines qui nous sont nécessaires sur les plans théoriques et pratiques pour comprendre l’éducation et en être un acteur efficace. Ainsi, on aborde aussi bien les Relations Internationales que la Philosophie et l’Ethique sociales, le Développement durable que l’Interculturalité ou encore le management des ONG comme les Droits de l’homme… Le Master fait intervenir des universitaires et des professionnels. Ce qui m’a paru tout à fait intéressant aussi, c’est que l’Educatif est abordé sous des angles très variés : la réflexion pédagogique théorique, les modèles d’action éducative internationale, la dimension psycho-sociale de la démarche éducative, la méthodologie de projets à monter…
J’ai pu constater ensuite en stage la pertinence de la plupart des enseignements : l’utilité des savoirs théoriques autant que la compétence méthodologique dans le domaine des ONG, et la capacité à inscrire ses actions dans une réflexion plus large et plus pointue. Et à ce titre, parmi les travaux demandés au cours de la formation, j’ai tout particulièrement trouvé efficaces et pertinents ceux qui portaient sur l’analyse critique de nos parcours ou sur une remise en question(s) des outils proposés. C’est un Master que je peux vraiment recommander à ceux qui souhaitent avoir une vision d’ensemble des questions touchant à l’éducatif dans une compréhension large et fine à la fois de ses enjeux, de ses limites et de ses freins, comme des ouvertures et des développements à venir. Et je dois dire que cette formation m’a rendu plutôt optimiste au vu de la densité de la réflexion conceptuelle actuelle, et des possibilités d’actions en aval.

Vous venez de réaliser votre stage : quelles en étaient les missions et les compétences requises ?

J’ai réalisé mon stage au sein de l’ONG Aide et Action, et plus particulièrement dans le service Action Educative France. Ce service a été mis en place il y a 2 ans pour travailler sur les solidarités éducatives en France, et notamment dans le Val d’Oise. Leur objectif, inscrit dans une démarche de "recherche-action", est de capitaliser des outils théoriques pertinents et probants, et de chercher des pratiques innovantes comme facteurs de cohésion sociale avec un tissu éducatif élargi et dynamique. On m’avait contacté compte tenu de mon parcours, en particulier pour la pratique théâtrale. Au sein de l’équipe, j’ai pu participer à l’élaboration et au suivi de tous les projets et j’ai été chargé de la mise en œuvre de deux actions spécifiques.
D’une part j’ai travaillé ponctuellement sur la gestion des affects avec l’équipe éducative de l’Ecole des Bourseaux de Saint-Ouen l’Aumône (Ecole de pédagogie active) afin de l’aider à valoriser son expérience et son projet pédagogiques auprès des institutions. Et surtout pendant les 3 mois de mon stage j’ai mené des ateliers de théâtre sur les Droits de l’enfant à l’Ecole Gérard Philipe de Villiers-le-Bel pour les 3 classes de CM1-CM2, en collaboration étroite avec les enseignants. L’objectif était d’aboutir à un spectacle de conte musical et d’apporter aux 70 enfants concernés des outils nouveaux dans leur fonctionnement scolaire, comportemental et psychologique, en travaillant à la fois sur les valeurs de rigueur et de motivation.

Quels sont à présent vos projets professionnels ?

Je vais prolonger ma collaboration avec Aide et Action en poursuivant les actions menées : reprendre la pratique théâtrale lancée à l’Ecole Gérard Philipe, en axant tout particulièrement sur l’outil théâtral comme mode éducatif « exemplaire », et la mettre en place sur d’autres écoles de Villiers-le-Bel (notamment à l’Ecole Jean Moulin avec un enseignant en poste E pour les enfants en grande difficulté) ; prolonger l’atelier sur les affects avec l’équipe éducative des Bourseaux pour approfondir les pistes proposées ; peut-être aussi monter un événementiel pour les Journées contre le Refus de l’Echec Scolaire sur le thème proposé cette année : « la souffrance à l’école »… Dans tous les cas, je vais suivre et développer les pistes lancées avec Aide et Action, et en chercher de nouvelles auprès d’autres acteurs de l’Educatif pour mettre mes outils théoriques et mon expérience pédagogique et artistique au service d’un projet de société et de l’ouverture interculturelle.

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