Céline Virot, Master Politiques Environnementales et Développement Durable, promo 2011-2012

Céline Virot, ancienne étudiante du Master PEDD de la FASSE (2011-12), a reçu l’un des prix de Masters 2013 du CNFPT le 4 mars 2013 pour son travail consacré à : « Les enjeux d’une politique de gestion des écosystèmes littoraux : vers un dépassement de la contradiction entre conservation et développement ». Elle a répondu à nos questions.

Pourriez-vous en quelques mots nous exposer la problématique de votre sujet de mémoire ?

Ce mémoire s’inscrit dans un contexte particulier qui articule une réalité écologique, les laisses de mer de posidonie ou banquettes, une réalité territoriale, la Réserve Naturelle des Bouches de Bonifacio et une réalité politique avec un projet pilote mené par plusieurs acteurs.

Mon travail met en perspective les enjeux d’une politique de préservation du littoral corse qui réponde au principe d’équilibre entre les trois piliers du développement durable au travers d’un cas particulier, la gestion des banquettes de posidonie. Ces laisses de mer jouent un rôle essentiel dans la lutte contre l’érosion du trait de côte. Cependant, leur présence a souvent été perçue comme une gêne pour le développement du tourisme. En 2012, en collaboration avec la Réserve Naturelle, les communes présentes sur le territoire se sont engagées à ne plus faire d’enlèvement de ces laisses de mer ce qui change l’image carte postale des sites. Mon mémoire cherche à mettre en lumière les conséquences sociales et environnementales de cette politique de gestion en analysant les différentes stratégies d’acteur et leur articulation, ainsi que l’impact et les limites de ce plan d’action.

Pourquoi avoir choisi ce thème ?

Ma passion étant la mer, je souhaitais travailler sur une problématique liée à l’environnement marin. Ce sujet m’a permis d’intégrer à une analyse sociologique un axe scientifique essentiel pour la compréhension du phénomène (banquettes de posidonie) et des solutions employables. Le thème étudié a ainsi nécessité l’intégration de différentes disciplines ce qui reflète, pour moi, toute la complexité du développement durable d’un territoire. De plus, mon travail au sein de la Réserve Naturelle des Bouches de Bonifacio me permettait la récolte de données nécessaires à mon analyse de terrain. Mon lieu de stage offrait aussi un ensemble d’éléments pertinents pour réfléchir au principe de gestion intégrée dans le développement et le management d’un territoire spécifique tel la Corse du sud. Mon sujet m’a permis de travailler sur des éléments de réponse pour une gestion raisonnée de l‘espace plage au regard des besoins de conservation en accord avec le développement touristique de la zone et d’acquérir ainsi de nouvelles compétences.

Pourquoi avoir participé à ce concours ?

En rédigeant mon mémoire, je n’avais pas pensé à le présenter en dehors du cadre de la FASSE et c’est grâce à l’ICP que j’ai eu connaissance de ce concours. L’idée, après cet effort d’écriture, d’avoir d’autres personnes outre le jury du Master qui seraient intéressées de lire mon travail me plaisait. Présenter mon mémoire était aussi une manière de tester la qualité de ma recherche, de toucher d’autres personnes sur ce sujet sensible et ainsi partager mes réflexions sur les stratégies de préservation et de développement du littoral corse.

Aujourd'hui que souhaitez-vous dire aux étudiants et enseignants de l'ICP après avoir reçu ce prix ?

Pour beaucoup d’étudiants la rédaction d’un mémoire de fin d’année semble une épreuve insurmontable. J’aime assez l’expression employée par un de nos enseignants : « le mémoire est un accouchement douloureux ». Oui, en effet, mais la satisfaction ressentie lors du rendu en vaut la peine. On connait aussi les difficultés pour trouver un stage qui nous convienne mais un mémoire, même si le lieu de stage participe beaucoup dans le thème choisi, reste surtout un travail personnel formateur qui permet d’approfondir un sujet qui nous tient à cœur. Je tiens à remercier l’ensemble du corps enseignant pour son soutien dans cette aventure et la qualité de leur enseignement qui m’a permis d’ouvrir les yeux sur la complexité du monde dans lequel nous évoluons aujourd’hui.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Mieux comprendre les enjeux environnementaux et socio-économiques de la protection des ressources marines reste pour moi une priorité. Après le Master PEDD de la FASSE, je suis donc partie à l’étranger, en Indonésie, voir sur le terrain comment travaillent différentes associations dans la restauration de récifs coralliens. Un enseignement universitaire n’est, à mes yeux, pas suffisant pour appréhender pleinement la complexité des politiques de conservation et les difficultés que nous rencontrons dans le domaine de la préservation de notre environnement. Je continue donc à voyager pour me nourrir d’expériences nouvelles et d’observations concrètes sur le terrain dans l’attente d’ouvertures professionnelles.

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Propos recueillis à la FASSE par Pascale Nesci le 27 mars 2013.