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Le Savoir à l'ère du Numérique

Publié le 25 septembre 2019 Mis à jour le 10 novembre 2019

Avec le numérique une figure va disparaitre celle de l'érudit. Le savoir est devenu partout accessible,à la portée d'un smartphone. Camille Riquier, philosophe et vice-recteur à la recherche, vous donne rendez-vous chaque mois avec un grand invité, dans le cadre du séminaire "le savoir à l'ère du numérique".

(+0+) Dialogue

« Le séminaire propose un nouveau modèle en accueillant des doctorants et des étudiants de masters dans toutes les disciplines. Plutôt qu’une série de cours dispensés par une figure de prestige, nous proposons désormais sur un rythme mensuel d’aborder une question de société en réunissant des chercheurs, des enseignants, des personnalités de référence. Quelques noms sont pressentis pour venir enrichir les débats : Jean-Michel Besnier, Bruno Latour, Peter Sloterdijk, Giorgio Agamben, Bernard Stiegler… L’idée est de pouvoir tourner autour de l’objet questionné selon des angles différents, en sollicitant toutes les disciplines : Théologie, Droit, Économie, etc., pour des sujets actuels qui nous concernent tous. »

(*=*) Révolution

« Le numérique est entré sensiblement dans nos vies pour en bouleverser toutes les modalités. Tout le défi est d’en mesurer les effets. C’est comparable à l’invention de l’imprimerie au xve siècle : lorsque le savoir se diffuse à large échelle, les changements ne sont pas seulement quantitatifs – une diffusion plus large de la pensée humaine –, mais aussi qualitatifs, dans la mesure où c’est la manière d’apprendre et diffuser le savoir qui est transformée, sans que l’on s’en aperçoive. Il a fallu deux siècles pour comprendre la force de la rupture liée au développement de l’imprimé ; le numérique nous donne-t-il ce temps ? "

(>_>) Philosophie

« Dans notre démarche, il s’agit d’entendre la philosophie dans un sens large, englobant tous les domaines du savoir et non pas réduite à des questions dites essentielles. Aujourd’hui, il n’est plus possible pour un seul homme de tout savoir, mais c’est le rôle de la philosophie d'articuler les savoirs entre eux et de faire tomber les murs pour favoriser les communications entre disciplines. »

(-_-) Ingénierie

« La nouvelle chaire Numérique et Citoyenneté est co-dirigée par l’ICP avec l’ISEP. Entre le philosophe et l’ingénieur, la rencontre est passionnante. L’ingénieur n’est ni un théoricien ni un praticien ; il cherche à mettre une théorie en pratique, il fait le passage de l’une à l’autre. C’est pour le philosophe une incitation à revisiter sa manière de chercher mais aussi d’enseigner. De son côté, l’ingénieur va pouvoir enrichir sa démarche avec du sens. Ensemble, ils peuvent penser le monde qui vient, ce monde totalement inédit dont il faut interroger les pratiques quotidiennes, alors que le numérique est désormais partout présent. »

(°=°) Érudition

« Avec le numérique, une figure va disparaître, celle de l’érudit. Le savoir est devenu partout accessible, à la portée d’un smartphone. Tout change quand les cours en ligne peuvent remplacer l’auditorium et que le professeur n’est plus le garant d’un savoir qu’il s’efforce de transmettre. Au même titre que les prêtres qui, avec l’essor de l’imprimerie, ont été dépossédés de leur rapport direct à l’écrit et à la Bible. C’est donc la manière de nous rapporter au savoir dans nos vies numériques qui doit être réinterrogée. »