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La Biennale de Gwangju, un évènement du monde de l'art contemporain décrypté par Emmanuel Lincot

Publié le 6 novembre 2018 Mis à jour le 12 novembre 2018

Invité par le Ministère de la Culture sud-coréen à la Biennale d’art contemporain de Gwangju, le professeur Lincot, expert de l'Asie et directeur du Master Stratégies muséales et gestion de projets répond à nos questions :

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Pouvez-vous nous en dire plus sur cette effervescence culturelle en Corée ?

Gwangju a été témoin de massacres d’étudiants sous la dictature, en 1980. C’est en tant que lieu de mémoire de la jeune démocratie sud-coréenne que cette biennale d'art contemporain s’est créée. Elle a été la première créée en Asie orientale. Dans le cadre d’un colloque international, j’ai abordé aux côtés d’autres collègues la question, cruciale, des rapports entre arts et mémoires. Le climat s’y prête en Corée du Sud : une liberté d'échanges s’accompagne d’une effervescence créatrice aussi bien dans les domaines du design que de la littérature, de l’architecture, du cinéma ou des arts vidéo. Sa position géographique n’y est pas étrangère : il faut une forte résilience et beaucoup d’inventivité pour résister à ses deux grands voisins que sont la Chine et le Japon.
 

Quelles perspectives pour le marché de l’art ?

La Corée du Sud a un a priori très favorable à l'égard de la France, si l’on en juge par la visite en France du Président sud-coréen, Monsieur Moon Jae-in, en octobre. Un nombre croissant de jeunes français apprennent le coréen. La République de Corée a adhéré à l’Organisation Internationale de la Francophonie en novembre 2016. Nombre d’universités sud-coréennes ont adhéré à l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF).

"Le terrain serait très favorable au développement d’activités de ventes d’œuvres d’art, françaises en particulier"

Pour ce qui concerne le marché de l’art, ce dernier ne me paraît pas encore mûr, comparé à Hong Kong, mais des initiatives privées émanant de collectionneurs sud-coréens, dans la création de musées notamment, montrent que le terrain serait très favorable au développement d’activités de ventes d’œuvres d’art, françaises en particulier.
 

Vous pilotez le master Stratégies muséales, quels sont les projets de vos étudiants ?

Le premier semestre, très dense par le nombre de cours, s’achève. Nos étudiants vont être désormais amenés à trouver des stages. Au niveau M 1, nombre d’entre eux vont encore privilégier la France, ses foires ou ses musées. Certains se positionnent déjà pour un stage à la FIAC, aux archives nationales ou au musée des soieries de Lyon… La polyvalence de leurs enseignements n’y est pas étrangère. En M 2, ils devront privilégier l’international. De grandes institutions les y attendent et leurs permettront ainsi de décrocher un premier job. Leur investissement est lourd mais il ne fait aucun doute qu’ils se verront récompensés de leurs efforts dans un domaine, l’événementiel et le monde des musées, où l’on attend des professionnels à la fois souples et compétents.