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Journée internationale de la Paix : quel droit à la paix aujourd'hui ?

Publié le 31 août 2018 Mis à jour le 14 septembre 2018

A l'occasion de la Journée internationale de la Paix qui fêtera les 70 ans de la déclaration universelle des Droits de l'Homme, interview de Cécile Dubernet, enseignante-chercheuse à l'ICP, spécialiste des relations internationales.

70 ans après, la déclaration universelle des droits de l’Homme est-elle toujours d’actualité ?

Oui, mais différemment. Des populations du monde entier se sont saisies de l'idée de droits humains et les déclinent localement dans tous les domaines. Certains nous sont familiers (droits civiques, droits de la femme), d'autres émergent (environnement), d'autres dérangent nos sociétés occidentales individualisées : droit de fuir la guerre ou de quitter son pays, droit collectifs (minorité, communautés), droit au travail ou à la sécurité sociale (inscrits dans la DUDH mais souvent ignorés).

Surtout nous découvrons que rien n'est jamais acquis : le droit des réfugiés a été démantelé en Europe, la torture et l'emprisonnement politique existe même dans les pays occidentaux.

La recrudescence de censure, d'intimidations et d'assassinats de journalistes dans le monde nous rappellent que la liberté d'expression et le droit à l'information se payent à prix fort. Dans ce contexte, les textes de droit, s'ils sont importants comme normes le sont aussi comme lieu de débat. Avant tout, ils n'ont de valeurs que lorsqu'on les fait vivre et qu'on les travaille au jour le jour.

Que signifie pour vous « le droit à la paix » ?

La paix est un terme complexe. Elle est plus souvent vue comme une aspiration que comme un droit. Dans la DUDH on parle de sûreté, d'un État ou règne le droit. En d'autres termes la paix y est vue comme une conséquence de l'État de droit, c'est à dire que les hommes et les femmes ne seront en paix que s'il vivent dans un contexte dans lequel leurs droits, seront respectés. C'est nécessaire mais, de mon point de vue, insuffisant pour engendrer de la paix. Ces droits impliquent aussi des devoirs: respect (des autres, de notre environnement) mais aussi bienveillance.

La paix se joue dans chacun de nos gestes !

Comment se mobiliser aujourd’hui pour devenir acteur de la paix ?

Regardons autour de nous ! La paix se joue ici et maintenant dans nos communautés, dans nos lieux de travail, dans la rue. La paix n'est pas un horizon lointain abstrait ni un interlude entre deux guerres. Elle se diffuse d'un travail quotidien pour reconnaître nos acquis, les travailler, les approfondir en mettant toujours l'humain au cœur. Elle se nourrit aussi de notre capacité à reconnaître nos erreurs et à changer tout en restant vigilant sur la préservation de l'essentiel : l'autre. Fruit d’une coopération entre des organismes de terrain pionniers de la protection civile non-armée et l’ICP, le nouveau Certificat d'intervention Civile de Paix fournit une introduction approfondie aux compétences clés de la protection civile non-armée, pour devenir acteur de paix.
 

Cécile DubernetA propos de Cécile Dubernet
Présidente du Comité Français à l'Intervention Civile de Paix et enseignante par passion et joie du contact avec les jeunes générations, elle est aussi chercheuse parce que le monde bouge vite et qu'il faut constamment repenser les questions qu'on lui adresse. Elle travaille sur la non-violence dans les zones de conflit. Cela peut sonner naïf et pourtant il se passe des choses remarquables sous le radar de nos médias. Le nouveau Certificat d'intervention Civile de Paix  est sa toute dernière initiative de formation.