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Hommage à Jean Vanier

Publié le 13 mai 2019 Mis à jour le 16 mai 2019

Docteur en Philosophie, écrivain et humaniste reconnu, Jean Vanier a fondé deux organisations internationales au service des personnes ayant une déficience intellectuelle : L’Arche et Foi et Lumière. En 2017, il avait accepté de témoigner de ses études à l'ICP.

"Avant d’entrer à l’ICP, j’avais été officier dans la Marine, j’avais vécu la guerre, les conséquences et les débuts de la guerre froide. J’étais entré à treize ans dans la Marine, toute mon adolescence avait été habitée par la volonté de prendre part à la guerre, et puis il y a eu la découverte progressive d’Auschwitz, la bombe atomique. J’ai pris conscience que nous vivions dans un monde compétitif dans lequel nous étions écrasés. Je n’avais pas le bac à l’époque, j’avais commencé à apprendre le français, et je voyais que les problèmes les plus fondamentaux tournaient autour des pauvres et des rejetés et qu’il fallait lutter pour un monde plus juste."

D'Aristote à l'Arche, justice et réflexions à ce qui est essentiel dans la vie !

Jean Vanier "C’est Aristote qui m’a donné les outils pour penser cette notion de justice et réfléchir à ce qu’il y a d’essentiel dans la vie. C’était un penseur logique, réfléchi, qui parlait d’expérience et philosophait toujours à partir du réel. J’ai donc fait mon doctorat sur lui et sur le bonheur. D’ailleurs, des années plus tard, en visitant un bidonville au Brésil, j’ai découvert dans la maison d’un prêtre une copie de ma thèse. Aujourd’hui j’ai développé une pensée dans laquelle ma foi évolue en harmonie avec ma tête, j’ai quitté le monde des idées pour réinvestir celui du corps."

"Depuis 1964, je vis avec des personnes touchées par un handicap mental. Tout a commencé après la visite d’un asile parisien dans lequel vivaient quatre-vingts hommes dans des conditions terribles. À l’époque, le handicap était considéré comme une punition divine. Alors j’ai lancé l’Arche, tout seul, soutenu par un prêtre et un psychiatre. Aujourd’hui, l’association compte cent cinquante communautés à travers le monde, et concerne près de quatre mille personnes."
 

"L’ICP est un endroit où évoluent des penseurs ouverts, compatibles avec mon état d’esprit. Alors j’y suis retourné, il y a quelques années, pour expliquer à tous les professeurs et les prêtres que les personnes avec un handicap pouvaient nous introduire à la sagesse. Ceux qui sont les plus pauvres sont parfois les plus humains."

Crédit photo © Adrien Levinger