Chaire Etienne Gilson

La Chaire « Etienne Gilson » a 20 ans en 2015.


La relation entre la métaphysique et le christianisme a fait l’objet, tout au long du XXe siècle jusqu’à aujourd’hui, de nombreux et puissants conflits d’interprétations, les unes tendant à régionaliser le christianisme dans les thèmes et les concepts de la métaphysique grecque, d’autres plaçant le discours théologique en position de science récapitulative de la quête métaphysique ou d’autres encore estimant pouvoir manifester l’hétérogénéité des deux traditions philosophique et théologique.

Étienne Gilson avait certes montré tôt et irréfutablement la part que le christianisme a effectivement prise dès avant le Moyen Age dans le destin de la métaphysique, et relevé les modalités par lesquelles la métaphysique avait pu favoriser l’auto-intelligibilité du christianisme. Sans doute, ne suffit-il plus aujourd’hui de discuter les thèses contrastées d’une métaphysique « postchrétienne » ou d’un christianisme « postmétaphysique » ; il faut, en amont, poser la question des conditions par lesquelles la métaphysique, surmontant ses apories théoriques et redéfinissant ses attendus, peut renouveler son interlocution avec le christianisme et réciproquement.

La Chaire Gilson, créée en 1995 à l’occasion du centenaire de la Faculté de philosophie de l’Institut Catholique de Paris, s’est vouée au traitement de ces questions refondatrices.