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L'ICP invité à la conférence Mondiale sur la Paix

Publié le 10 mai 2017 Mis à jour le 15 mai 2017

Les 27 et 28 Avril derniers, à la veille du voyage du souverain pontife au Caire, le Cheikh Ahmed Al-Tayeb, Grand Imam de l’Université Al-Azhar du Caire a invité Monseigneur Philippe Bordeyne, Recteur de l’Institut Catholique de Paris à s’exprimer lors de la conférence Mondiale sur la Paix au Caire (Egypte).

Alors même que la communauté copte d’Égypte vient d’être victime d’un attentat sanglant le dimanche des Rameaux, le Pape François et le Cheikh Ahmed Al-Tayeb, Grand Imam de la mosquée Al-Azhar au Caire, témoignent d’un engagement concerté et courageux en faveur de la paix.

Le porte-parole du Saint-Siège évoque une visite de nature "pastorale", "œcuménique" et "naturellement interreligieuse", qui s'est déroulée les 28 et 29 avril.

Pour l’occasion, l’Université Al-Azhar a organisé une conférence mondiale sur la Paix qui réunira des chefs de file religieux et intellectuels de nombreux pays afin d’adresser un message de paix au monde entier. Mgr Philippe Bordeyne, Recteur de L’Institut Catholique de Paris, y a été convié.



Parmi les situations d’injustice du monde actuel, il en est une qui menace plus encore la paix mondiale : les inégalités dans l’accès à l’éducation, privant ainsi certains jeunes et adultes des capacités de penser le monde et de prendre en mains leur destin. Docteur en Théologie et en histoire des religions, spécialiste des questions d’éthique, Mgr Philippe Bordeyne s’est exprimé au Caire sur le rôle de l’éducation dans la lutte contre la violence en développant trois axes prioritaires : éduquer à reconnaître la voix de la conscience, éduquer à exercer le recul critique de la raison, éduquer à lutter contre le mal.
 

Eduquer à reconnaître la voix de la conscience

Les familles, les institutions religieuses, mais aussi l’école et l’université ont pour responsabilité de travailler sur les différents facteurs qui permettent à la conscience morale de mûrir et de s’orienter avec sagesse. Présidant une université catholique, Philippe Bordeyne rappelle qu’il œuvre en faveur de l’enseignement des Humanités classiques et contemporaines car la fréquentation longue et bienveillante des littératures du monde donne accès au trésor de la conscience humaine dans la diversité des cultures. Le rôle spécifique des Humanités rappelle que la sensibilité contribue à la formation de la conscience.
 

Eduquer à exercer le recul critique de la raison

La tâche fondamentale de l’éducation consiste donc à aller plus loin, en favorisant le recul critique que permet l’exercice de la raison. Divers registres y sont impliqués dont l’humilité et la disponibilité à se former tout au long de la vie, à s’ouvrir au dialogue et à l’écoute mutuelle. Cette écoute attentive de la voix de la conscience invite au dialogue intergénérationnel. Nos sociétés sont aujourd’hui mises au défi d’écouter davantage les aspirations de la jeunesse. Rapide et fougueuse, elle a une soif de radicalité qu’il convient d’accueillir pour qu’elle ne dérive pas vers la radicalisation. Le dialogue entre les générations est ici essentiel.
 

Eduquer à lutter contre le mal

La lutte contre le mal suppose donc un véritable travail d’intelligibilité : comment le mal vient-il à l’idée et par quels mécanismes passe-t-on de l’imagination à l’action ? Les philosophes et les théologiens s’accordent pour dire que la lutte contre le mal requiert à la fois le support de la réflexion critique et la pratique répétée d’un certain nombre d’exercices qui engagent le corps et l’esprit.


Pour toutes ces raisons, la construction de la paix à l’échelle mondiale doit s’attacher sans faiblesse à garantir l’accès de tous à l’instruction : l’éducation élève l’être humain et lui permet de se dépasser.

Cette allocution intervient quelques mois après la signature, en mai 2016, d’une convention de coopération entre l’Université Al-Azhar et l’Institut Catholique de Paris. Cet accord a ouvert la voie à des échanges interuniversitaires qui contribuent de manière substantielle à l’édification de la société et à l’invention d’un avenir de paix. À l’automne 2016, dans le cadre de la Caravane de la Paix, l’ICP avait accueilli une conférence du Professeur Oussama Nabil sur le thème de la responsabilité des hommes de religion dans l’établissement de la Paix mondiale.

À propos de l’ICP

Acteur historique de la formation et de la recherche notamment en théologie et en sciences de l’éducation, l’Institut Catholique de Paris est par ailleurs un pionnier en matière de formation à l’interculturalité. En 2007, répondant à la demande du Ministère de l’Intérieur, il fut le premier établissement de France à proposer un diplôme universitaire à destination des cadres religieux en responsabilité : le DU Interculturalité, Laïcité et Religions.

Depuis 1957, l’Institut Supérieur de Théologie des Religions animé par sa faculté de théologie, travaille à la connaissance des religions et en particulier aux questions fondamentales du dialogue islamo-chrétien. L’ensemble de ces formations puisent dans les travaux de recherche conduits au sein de l’Unité de Recherche de l’ICP : Religion, Culture et Société (EA 7403).