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International Network in Philosophy of Religion, naissance d'une communauté scientifique

Publié le 20 juin 2017 Mis à jour le 22 juin 2017

Le Pr Emmanuel Falque répond à nos questions au sujet de la création de ce réseau international de Philosophie à l'occasion d'un séminaire de travail regroupant plus d'une quarantaine de philosophes, professeurs et jeunes docteurs.

philo_portrait_falque

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Vous avez élaboré ce réseau de recherche, quelles sont les réflexions qui ont abouti à sa création ?

L'International Network in Philosophy of Religion (INPR) - est né d'une double réflexion. Premièrement, l'intérêt des États-Unis pour la philosophie continentale est devenu une tradition : Michel Serres, René Girard, Emmanuel Levinas, Michel Henry, Jacques Derrida, Paul Ricoeur, et plus récemment Jean-Luc Marion.

Il était temps d'initier un travail commun "dans les deux sens". Deuxièmement, toute philosophie nait de ses commencements. Ce sont donc essentiellement des "jeunes chercheurs" qui sont réunis durant ce seminaire sur "Immanence et transcendance", venus de l'ensemble des Universités américaines, mais aussi d'Italie, d'Espagne, du Portugal, de Hollande, etc.

Comment expliquez-vous le renouveau de la philosophie de la religion dans un monde tres sécularisé ?

Ce renouveau provient précisément de la sécularisation. La question de Dieu ne peut pas être supprimée, au moins comme question. Le thème de ce seminaire "Immanence et transcendance" traitera justement de cette question. On ne peut en effet se satisfaire de la seul immanence de notre existence, c'est-à-dire de l'horizon bouché de notre vie par notre mort.

Mais il n'est pas sûr non plus qu'on puisse et qu'on doive imposer une Transcendance venue de l'extérieur. C'est pourquoi il faut trouver "quelque chose de commun" entre tous les hommes avant de parler de Dieu et pour parler de Dieu.

L’Europe et l’Amérique sont trés représentées dans ce réseau, est-il prévu une collaboration avec des universités africaines ou asiatiques ?

L'Asie et l'Afrique ne sont heureusement pas oubliés dans ce travail commun de "philosophie de la religion" initié par la Faculté de philosophie de l'ICP. Je me suis moi-même rendu au mois de Mars 2017 au Bénin pour y organiser des journées doctorales avec des anciens doctorants devenus professeurs au séminaire de Djime et des doctorants actuels. Nous avons aussi organisé un colloque à Cotonou autour de "corps et parole".

Il s'agit donc de faire du travail de fond ("corps et parole", "immanence et transcendance"... ) et c'est seulement à partir de telles initiatives que de nouveaux "réseaux" naîtront et que chacun sera renvoyé à la fécondité de ses propres recherches philosophiques.

Quelles sont les prochaines étapes pour l'INPR ?

Ce réseau international de philosophie de la religion est dirigé de façon collégiale avec la conviction que le travail prime sur les grandes déclarations. Au regard de l'enthousiasme de tous les participants, il est possible, et même probable, qu'il soit promis à un grand avenir. On ne peut que se réjouir aujourd'hui de voir la philosophie française tant lue, traduite et commentée à l'étranger.

L'ICP jouit en outre d'une très grande renommée internationale et les travaux actuels, les nouveaux amphithéâtres et la réfection de la cour d'honneur, ne pourront que contribuer à ce rayonnement international.