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Discriminations à l’embauche : une faute morale et une absurdité économique

Publié le 15 décembre 2016 Mis à jour le 15 décembre 2016

Parlons Diversités - L'éclairage de nos experts. Christian Dexemple analyse et décrypte l'actualité du fait religieux en entreprise.

Un « testing » réalisé auprès de quarante sociétés révèle un taux de réponses positives de 36 % pour les noms à consonance maghrébine, contre 47 % pour les autres.


Une enquête grandeur nature commandée par le ministère du travail et réalisée conjointement par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) et l’association ISM Corum, spécialisée dans la prévention des discriminations, vient confirmer une situation toujours bloquée au niveau des recrutements.

Un tiers des entreprises excluent les candidatures à consonance maghrébine


Menée d’avril à juillet 2016, cette grande campagne de « testing » (tests par l’envoi de candidatures fictives), révèle qu’un nom à consonance maghrébine constitue encore un frein à l’embauche. Ainsi, selon l’étude, le taux global de réponses positives reçues par une candidature « maghrébine » est de 9 %, contre 20 % pour les candidatures « hexagonales » : onze points d’écart en moyenne. Dans les douze entreprises les moins vertueuses de cette enquête, le taux de réponse positive reçu par les candidats « maghrébins » était même de 15 à 35 points inférieur à celui de leurs homologues porteurs d’un nom considéré comme bien français.

Même si cette campagne n'est pas représentative de la pratique de recrutements de l'ensemble des entreprises en France et que les résultats sont très hétérogènes selon les entreprises et au sein de leurs secteurs d'activité, ils prouvent de manière indiscutable que l'origine supposée du candidat pèse dans un sens ou un autre.

Une discrimination interdite par la loi, une faute morale et une absurdité économique


Comme le précisent l’AFMD (Association française des managers de la diversité) et la FACE (Fondation Agir contre l’exclusion) dans un livre blanc récent, les discriminations fondées sur l’origine soulèvent des enjeux sociaux, économiques et sociétaux. Elles freinent ou bloquent l’accès à l’emploi de certaines catégories de la population française. Elles ont également un coût considérable en matière de performance et constituent une absurdité économique au dire des entreprises les plus engagées en matière de RSE et de promotion de la diversité.

France Stratégie, institution publique, chiffrait en septembre dernier le coût des discriminations à l’embauche à 2% des recettes publiques, soit l’équivalent de 150 milliards d’euros de richesse nationale perdues chaque année.

Se former pour vaincre les préjugés


L’accès égal à l’emploi, la gestion non discriminée des carrières, l’ouverture à la diversité sont autant des marqueurs du vivre ensemble que des gages de meilleure performance pour les entreprises et les organisations.

Que dit la loi ? Comment s’organisent certaines entreprises pour promouvoir la diversité au sein de leurs équipes ? Comment lutter contre les préjugés et les stéréotypes au niveau managérial ? (en savoir plus)

Avec le Certificat Management des Diversités, l’ISTR offre une formation spécialisée et présente des réponses concrètes et des outils opérationnels aux managers, futurs managers et professionnels confrontés à la diversité (séminaires thématiques de 2 jours).

Formation portée par l'Institut de Science et de théologie des religions, spécialistes reconnu depuis 50 ans du dialogue interreligieux (Theologicum).



Christian Dexemple
Responsable du Certificat Management des Diversités