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Colloque "Les mondes de Malraux"

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F de St Chéron
Ce colloque organisé par la Faculté des Lettres se déroulera les 15 et 16 octobre 2010 à l'Institut Catholique de Paris.

François de Saint-Chéron, maître de conférence à Paris IV Sorbonne, et intervenant dans ce colloque, répond à nos questions.

Pourquoi organiser ce colloque sur Malraux sous le thème : "Les mondes de Malraux " ?

Ce colloque a été organisé à l'initiative du doyen de la Faculté des Lettres, Olivier Soutet, qui, connaissant mon intérêt déjà ancien pour André Malraux, m'a proposé que nous lui consacrions un colloque à l'Institut Catholique de Paris. Il n'y a pas d'occasion particulière (un anniversaire, par exemple), même si paraîtra en novembre le sixième et dernier tome de ses Oeuvres complètes dans la Bibliothèque de la Pléiade.
Le choix du titre du colloque me paraît refléter, grâce au pluriel, le vaste horizon des centres d'intérêt de Malraux, ses multiples curiosités, son ouverture au monde.

Quels axes particuliers de l'homme et de l'oeuvre seront mis en lumière lors de ces deux journées ?

Son intérêt pour d'autres civilisations et d'autres arts que ceux de l'Europe (notamment l'Inde et l'Afrique), mais aussi pour l'art chrétien ; son intérêt pour le christianisme lui-même (alors qu'il était agnostique), à travers une relecture de l'évangile de saint Jean, faite dans des circonstances dramatiques et évoquée par lui dans ses Antimémoires. Il sera également question de sa pratique de la critique littéraire, car dans sa jeunesse Malraux a écrit beaucoup d'articles et de comptes rendus sur des livres de ses contemporains, et il a été, toute sa vie, un admirable préfacier. Il sera question de Malraux et la Ve République (car il a été ministre du général de Gaulle), de l'orateur, de son interrogation sur le Mal (à travers les camps hitlériens), et de son grand livre quelque peu méconnu, Le Miroir des limbes.

A quelle occasion avez-vous rencontré Malraux ? Vous dites avoir été impressionné par lui : pourquoi ?

J'ai rencontré Malraux autour de mes 17 ans. Mon frère et moi avons eu ensemble une passion pour lui (à la suite d'une émission qui retraçait son voyage au Bangladesh et en Inde, en 1973).
Beaucoup de ceux qui l'ont rencontré ont été impressionnés par Malraux. Pour ce qui me concerne, c'était d'abord, l'intensité de sa présence qui était saisissante, un grand "charisme", mais aussi, plus simplement, sa courtoisie et sa gentillesse. (Je ne parle évidemment pas de l'intérêt de ce qu'il disait !).

Que retenez-vous de l'oeuvre de Malraux, de ses écrits que vous avez tous lus ? de sa vie ?

De l'oeuvre de Malraux, je retiens presque tout ! Mais ce qui me touche et me passionne le plus, ce sont deux romans : L'Espoir et Les Noyers de l'Altenburg ; ses écrits sur l'art, en particulier Le Musée Imaginaire et La Métamorphose des dieux, et son extraordinaire don oratoire qui s'est manifesté non seulement dans quelques discours célèbres (l'oraison funèbre de Jean Moulin par exemple), mais aussi dans bien d'autres circonstances. Quel que fût le sujet, ses discours n'étaient jamais quelconques. Et à cela, j'ajouterai Malraux parlant à la télévision : l'intensité de sa présence crève l'écran !
Sa vie me touche par son caractère douloureux (beaucoup de deuils), son courage, son sens de l'amitié.

Comment Malraux, selon vous, a-t-il marqué son siècle ?

Comme tout grand écrivain, Malraux a d'abord marqué son siècle par son oeuvre, même si elle traverse en ce moment un "purgatoire". Ses écrits sur l'art sont profondément novateurs.
Il l'a marqué aussi par son engagement en Espagne puis, quelques années plus tard, en France dans son combat à la tête de la brigade Alsace-Lorraine, et ensuite comme ministre des Affaires culturelles de De Gaulle. Mais je ne suis pas du tout d'accord avec ceux qui disent ou écrivent que sa plus belle oeuvre fut sa vie. Il me semble, au contraire, que sa vie (intense et flamboyante, il est vrai) a masqué aux yeux de beaucoup de gens la qualité et la profondeur de son oeuvre d'écrivain. D'un autre côté, cela n'a pas beaucoup de sens de séparer une oeuvre et une vie qui ont toujours été intimement liées.

En pratique

En partenariat avec :

Librairie La Colomberie Terre entière
le spécialiste des croisières et voyages culturels,
des pèlerinages et itinéraires spirituels.

Photo : F de St Chéron


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